Plus de trois années après la dernière aventure de Bayonetta, PlatinumGames n’a manifestement aucune intention de tourner le dos à sa sorcière. Son président Atsushi Inaba assure vouloir continuer à faire vivre le personnage et son univers, en dépit du départ de plusieurs créateurs historiques de la franchise. Mais de quelle façon au juste la série pourrait-elle nous revenir ?
À retenir
- PlatinumGames veut faire évoluer Bayonetta et son univers.
- Depuis Bayonetta 2, Nintendo joue un rôle décisif dans la survie de la franchise et publie ses nouveaux épisodes.
- Après trois volets principaux et un spin-off, la série doit désormais composer avec le départ de plusieurs de ses principaux artisans.
Bayonetta n’est donc peut-être pas définitivement enterrée. Questionné récemment par Famitsu sur l’avenir de la licence, le président de PlatinumGames, Atsushi Inaba, n’a évidemment pas annoncé de nouveau jeu, mais a néanmoins confirmé l’intérêt du studio pour la licence.
Le contexte est également singulier pour PlatinumGames. Hideki Kamiya, créateur et réalisateur du premier épisode, a quitté le studio en 2023. D’autres développeurs de poids liés aux derniers jeux, dont Yusuke Miyata, réalisateur de Bayonetta 3, et Abebe Tinari, réalisateur de Bayonetta Origins, sont eux aussi partis.
Une série qui n’a jamais été un carton commercial
Le premier Bayonetta est paru en 2009 au Japon puis en 2010 en Occident sur PS3 et Xbox 360. Conçu par PlatinumGames et distribué par Sega, il a d’emblée posé les fondations de la série : combats d’une grande technicité, esquives déclenchant le Witch Time et mise en scène volontairement démesurée.
Le succès critique n’a toutefois jamais propulsé Bayonetta au rang de franchise vendant autant que les plus grosses licences d’action. PlatinumGames signalait néanmoins que le premier épisode avait franchi les deux millions d’exemplaires dans le monde avant l’arrivée de sa suite.
Bayonetta 2 débarquera en 2014 en exclusivité sur Wii U, avant d’être adapté sur Switch en 2018. Puis Bayonetta 3 paraîtra en octobre 2022, toujours réservé à une console Nintendo. Ce troisième opus serait parvenu à se vendre à un peu plus d’un million d’unités, un succès modeste qui confirme surtout une tendance : rattachée uniquement à Nintendo, la licence a du mal à trouver son public.
La licence tentera ensuite un virage radicalement différent avec Bayonetta Origins: Cereza and the Lost Demon. Sorti en mars 2023 sur Switch, ce spin-off retrace la jeunesse de Cereza dans une aventure nourrie de livres de contes, mêlant exploration, énigmes et contrôle simultané de l’héroïne et du démon Chouchou. Un titre qui ne se serait pas aussi bien vendu qu’escompté…
Pourquoi Bayonetta est-elle devenue indissociable de Nintendo ?
À l’origine, pourtant, Bayonetta n’avait rien d’une licence Nintendo. Sega distribuait le premier jeu et celui-ci était accessible sur les consoles de Sony et Microsoft.
La bascule se produit avec Bayonetta 2. PlatinumGames souhaitait poursuivre la série, mais le projet ne rencontrait pas les conditions requises pour avancer avec Sega. En 2012, le studio révèle finalement un partenariat avec Nintendo, qui devient l’éditeur du second épisode et décroche en même temps l’exclusivité sur Wii U.
Depuis, Nintendo a financé et distribué Bayonetta 3, accompagné les adaptations Switch des premiers jeux puis édité Bayonetta Origins. Jusqu’aux mentions légales des épisodes récents, qui associent Nintendo et Sega, signe d’une situation inédite : Sega demeure rattaché à la propriété intellectuelle tandis que Nintendo est devenu le partenaire commercial indispensable à ses nouveaux développements.
En pratique, Bayonetta s’est ainsi retrouvée presque aussi étroitement liée aux consoles Nintendo qu’une franchise maison.
Quel avenir pour Bayonetta ?
La déclaration d’Atsushi Inaba laisse plusieurs pistes ouvertes. La plus évidente serait bien sûr Bayonetta 4. Mais rien n’empêcherait le studio de tenter une nouvelle expérience, comme avec Cereza and the Lost Demon, voire des projets consacrés à d’autres personnages.
La véritable inconnue demeure l’édition. Rien ne laisse penser aujourd’hui qu’un nouveau contrat avec Nintendo existe, mais l’histoire récente rend peu probable l’idée d’un nouvel épisode majeur sans sa participation. Le destin de Bayonetta semble bien lié à Nintendo et à son bon vouloir. Pour les fans de la franchise qui n’y ont plus touché depuis son passage sur la console de Big N., il faudra malheureusement composer avec cette exclusivité. Il est peu probable aujourd’hui que la licence débarque sur d’autres consoles…







