Plus de 100 millions de titres vendus à travers la planète, un deuxième volet qui franchit les 31 millions d’exemplaires et un troisième opus écoulé à plus de 23 millions d’unités. En un peu plus de quinze ans, Borderlands s’est taillé une place parmi les séries dominantes du jeu vidéo. Et pourtant, rien ne prédisposait cet étrange mariage entre FPS, jeu de rôle et humour décalé à un triomphe pareil.
À retenir
- Borderlands a franchi la barre des 100 millions d’exemplaires distribués, Borderlands 2 demeurant l’épisode le plus plébiscité de la licence.
- Initiée en 2009, la série a traversé son véritable âge d’or sur Xbox 360 et PS3 avant de rebondir en force avec Borderlands 3 en 2019.
- Sa réussite s’appuie sur un savant mélange de combats survoltés, de millions d’armes à collectionner, de progression RPG et de coopération entre potes.
Les statistiques donnent le tournis. Selon Take-Two Interactive, détenteur de 2K et Gearbox Software, Borderlands a dépassé les 100 millions d’unités vendues dans le monde. Des chiffres qui comprennent bien entendu les exemplaires digitaux bradés, mais aussi les quelques spin-off de la série. Il n’en reste pas moins un énorme succès, qui témoigne d’une stratégie efficace de la part du studio.
2009 : un pari improbable sur une planète hostile
Tout débute en octobre 2009, quand Gearbox Software commercialise le premier Borderlands sur Xbox 360, PlayStation 3 et PC. À l’époque, le marché des FPS est dominé par des productions comme Call of Duty, Halo ou Killzone. Gearbox ose une approche différente.
Le studio conçoit un jeu de tir en vue subjective intégrant les mécanismes d’évolution et de butin, typique des jeux de rôle. L’ensemble se déroule sur Pandora, une planète aride infestée de pillards, de créatures agressives et de personnages farfelus.
Le résultat tranche avec les titres concurrents. Sa direction artistique aux contours marqués, son humour absurde et son procédé de génération procédurale des armes lui confèrent d’emblée une identité unique.
Borderlands installe également une boucle de gameplay redoutable d’efficacité : éliminer des adversaires, dénicher de meilleures armes, renforcer son personnage et repartir en chasse, le tout en coop avec ses potes.
Borderlands 2 : la consécration sur Xbox 360 et PS3
En septembre 2012, Borderlands 2 convertit l’essai. Gearbox reprend les bases du premier volet et affine quasiment tous les aspects de la formule.
Le jeu propose davantage de décors, des classes de personnages mieux différenciées, un arsenal toujours plus délirant et surtout un antagoniste devenu culte : le Beau Jack, ou Handsome Jack dans sa version d’origine.
La réussite commerciale suit. Avec plus de 31 millions d’exemplaires distribués , Borderlands 2 demeure le titre le plus écoulé de l’histoire de 2K. Une performance exceptionnelle pour un jeu initialement paru sur les consoles de septième génération.
Sept ans d’attente avant Borderlands 3
Après cette apothéose, les joueurs devront pourtant faire preuve de patience avant de goûter à un troisième volet. En 2014, Borderlands: The Pre-Sequel, premier spin-off de la série qui en reprend le concept, retrace les événements antérieurs à Borderlands 2, tandis que Tales from the Borderlands, signé Telltale Games, livre une aventure narrative dans la veine de The Wolf Among Us.
Bizarrement, l’éditeur laisse de côté sa série, se contentant de plusieurs compilations et rééditions. Cette longue parenthèse permet néanmoins à Borderlands de séduire de nouvelles vagues de joueurs, tout en entretenant un mythe.
Quand Borderlands 3 est enfin révélé en 2019, l’attente est donc énorme.
Borderlands 3 : un retour commercial spectaculaire
Disponible en 2019 sur PS4, Xbox One et PC, Borderlands 3 remporte aussitôt un joli succès. En à peine cinq jours, le jeu passe la barre des cinq millions d’exemplaires distribués. Néanmoins, le titre ne parvient pas à dépasser son prédécesseur, avec « seulement 23 millions d’unités vendues », ce qui reste une excellente performance.
Pourquoi la formule Borderlands fonctionne-t-elle aussi bien ?
Le secret de Borderlands réside avant tout dans son aptitude à récompenser sans cesse le joueur. Chaque confrontation peut aboutir à la trouvaille d’une arme plus puissante, d’un équipement rare ou d’un objet aux propriétés surprenantes. La formule est directement héritée de Diablo et appliquée au modèle FPS.
Mais ce qui fait le succès de la série, c’est sa patte unique. Ce mélange de graphismes cartoonesques, d’humour caustique, d’armes décalées, de mélanges de genres, cet univers postapocalyptique atypique.
S’y greffe un système de progression qui stimule l’expérimentation. Chaque Chasseur de l’Arche dispose de compétences propres, autorisant des approches de jeu très contrastées. Les joueurs peuvent ainsi retenter l’aventure avec un autre personnage et explorer de nouvelles synergies.
Et puis bien sûr, l’aspect coopératif, presqu’unique en son temps, qui continue à fonctionner aujourd’hui envers et contre tout.










