Huawei vient de dévoiler un nouveau smartphone révolutionnaire. Mais au-delà du smartphone en lui-même, c’est surtout son étonnant module photo qui épate. Avec son capteur 1 pouce dédié et un zoom optique 24-240 mm à part entière, cet accessoire rapproche davantage le téléphone d’un compact photo que d’un smartphone classique.
À retenir
- Le Huawei Mate 90 Pro Max Collector peut accueillir un module photo Ruiying Z10 doté d’un capteur 1 pouce de 50 mégapixels et d’un zoom optique 10x véritable.
- À la différence des téléconvertisseurs proposés par plusieurs rivaux, le Z10 embarque son propre capteur et sa propre optique, le smartphone servant notamment au traitement et à l’affichage.
- Huawei ressuscite une idée déjà tentée par Sony dès 2013, tandis que Vivo commercialise déjà des accessoires photo similaires et que Xiaomi et Realme ont récemment levé le voile sur leurs propres prototypes modulaires.
Huawei a donc opté pour une autre piste avec son Mate 90 Pro Max Collector’s Edition en tentant une approche axée sur la photo.
Dévoilé le 1er octobre en Chine, le téléphone s’affiche à partir de 10 999 yuans, soit environ 1 450 euros au cours du change actuel. Le Ruiying Z10 n’est toutefois pas fourni d’office avec l’appareil : écoulé séparément 5 999 yuans, il porte le tarif d’un kit complet à près de 20 000 yuans selon la configuration. Aucune commercialisation européenne n’a été évoquée pour l’heure.
Un appareil photo qui vient littéralement se brancher sur le smartphone
Le volet le plus spectaculaire demeure évidemment le Ruiying Z10. Visuellement, l’accessoire évoque davantage l’objectif d’un compact sérieux que le minuscule complément optique habituellement associé à un smartphone.
Et pour cause : Huawei n’a pas simplement placé quelques lentilles devant l’un des capteurs du téléphone. Le Z10 intègre son propre capteur de type 1 pouce de 50 mégapixels, recourant à une matrice RYYB chère à Huawei, ainsi qu’un zoom motorisé couvrant l’équivalent d’un 24-240 mm en plein format. L’ouverture varie de f/2 au grand-angle à f/4,5 au bout du zoom. Des caractéristiques comparables à celle d’un vrai appareil photo numérique.
Autrement dit, on se retrouve avec un vrai zoom optique 10x continu. Entre 24 et 240 mm, le déplacement des éléments optiques modifie concrètement la focale. C’est très éloigné du fonctionnement de la plupart des smartphones, qui jonglent entre plusieurs modules fixes puis recourent au recadrage numérique et aux algorithmes pour combler les focales intermédiaires.
Le Z10 rassemble 19 lentilles réparties en six groupes, un autofocus laser, un gyroscope, une bague de réglage et même un filetage de 77 mm autorisant la pose de filtres photo. Il sait également filmer en 4K à 60 images par seconde tout en actionnant son zoom motorisé.
C’est ce qui rend la proposition de Huawei particulièrement séduisante. Le smartphone ne se contente plus d’accueillir un accessoire peaufinant légèrement son appareil photo : il devient le cerveau et l’écran d’un nouveau système photographique à part entière.
Un smartphone déjà hors normes en photo, accessoire mis à part
Le plus saisissant est que Huawei aurait largement pu en rester aux capteurs intégrés au Mate 90 Pro Max.
Le téléphone embarque déjà un capteur principal de 50 mégapixels au format 1/1,28 pouce avec ouverture variable de f/1,4 à f/4. Son téléobjectif périscopique mobilise quant à lui un capteur géant de 200 mégapixels, là aussi au format 1/1,28 pouce, couplé à une focale équivalant à environ 89 mm. Un ultra grand-angle de 40 mégapixels achève l’ensemble.
Huawei y ajoute un capteur multispectral voué à l’analyse des couleurs. Même sans son énorme excroissance optionnelle, le Mate 90 Pro Max figure donc déjà parmi les smartphones pensés avec la photographie comme argument central.
Mais le Z10 modifie l’échelle du produit. Son capteur 1 pouce demeure nettement plus vaste que ceux adoptés par la grande majorité des téléobjectifs de smartphones. Un grand capteur peut notamment collecter plus de lumière et procurer davantage de marge sur la dynamique ou la profondeur de champ, même si le rendu final dépend évidemment aussi de l’optique et du traitement logiciel.
Une idée farfelue, mais pas si inédite
Huawei n’est pourtant pas le premier constructeur à imaginer qu’un smartphone puisse constituer le cœur d’un véritable appareil photo modulaire.
Sony avait déjà commercialisé ce concept en 2013 avec le Cyber-shot QX100. Cet étrange cylindre pouvait se fixer à un téléphone et embarquait un capteur 1 pouce de 20,2 mégapixels ainsi qu’un zoom optique 3,6x. Il disposait de sa propre batterie et dialoguait notamment avec le smartphone par Wi-Fi. Sony est même allé plus loin avec le QX1, capable de recevoir des objectifs à monture E. Le succès n’a toutefois pas vraiment été au rendez-vous.
Vivo commercialise aussi un appareil, son X200 Ultra un téléconvertisseur Zeiss 2,35x. Monté devant le téléobjectif 85 mm du téléphone, il donne accès à une focale optique d’environ 200 mm. Il subsiste toutefois une différence fondamentale avec Huawei : Vivo continue d’exploiter le capteur déjà intégré au smartphone, alors que le Z10 apporte à la fois ses propres lentilles et son propre capteur.
Xiaomi avait de son côté exposé au MWC 2025 un prototype encore plus radical : son Modular Optical System mariait un smartphone à un module magnétique doté d’un capteur Micro 4/3 de 100 mégapixels et d’un objectif 35 mm f/1,4. La marque avait même conçu une connexion LaserLink pour acheminer les données RAW directement vers le téléphone. Mais contrairement au Z10, ce système est resté au stade de la démonstration technologique.
Realme avait également montré au MWC 2025 un concept de smartphone acceptant des objectifs interchangeables. Là encore, aucune commercialisation grand public n’avait aussitôt suivi.
Huawei n’a donc pas inventé l’appareil photo greffé au smartphone. Mais en commercialisant réellement un module doté d’un capteur 1 pouce, d’un véritable 24-240 mm et d’une intégration directe avec son flagship, le constructeur emmène le concept bien plus loin que la plupart de ses concurrents.







