Après un septième volet plutôt séduisant, Ace Combat est de retour avec un huitième opus plus ambitieux que jamais. 7 ans après Ace Combat 7, Wings of Theve replace donc sous le feu des projecteurs une licence qu’on pensait définitivement rangée au placard.
À retenir
- Ace Combat 8 est le huitième opus de la franchise, et potentiellement le plus ambitieux à ce jour.
- Sept ans après le précédent opus, Bandai Namco nous livre une suite digne de ce nom et potentiellement l’un des meilleurs épisodes de la série.
- Wings of Theve brille outre par sa réalisation, par l’excellence de son gameplay et ses missions variées.
Mine de rien, cela faisait sept longues années que la franchise n’avait plus eu droit à une nouvelle entrée. Sept années au cours desquelles les fans n’ont absolument rien eu à se mettre sous la dent et ont surtout du composer avec les défauts de la série, à commencer par un mode solo assez plat, qui souffrait d’une mise en scène peu réjouissante. Mais tout cela, c’est de l’histoire ancienne. Car Bandai Namco régale avec cet épisode. Non seulement les fans ont droit à un nouvel opus mais en plus, l’éditeur livre un remaster de The Belkan War, l’un des épisodes les plus appréciés des fans, en bonus. Autre surprise : l’éditeur a mis les petits plats dans les grands pour soigner son expérience solo. Wings of Theve est de loin l’épisode le plus ambitieux de la série avec de nombreux dialogues, cut-scenes et un vrai travail de mise en scène qui contraste radicalement avec le précédent opus de la série. Dans la peau de Rex, un pilote d’avion de chasse, le joueur devra défendre sa mère patrie, la Fédération de l’Usea Centrale, qui est actuellement attaquée par la République de Sotoa. Sans entrer dans les détails, le scénario du jeu est solide, et supporté par un casting efficace. Seul bémol : un héros muet, qui ne laisse transparaitre aucune aura.
Seconde bonne surprise, le jeu a droit à une campagne beaucoup plus longue que son prédécesseur, qui se terminait en 10 à 13 heures. La durée de vie est presque doublée. Une trentaine de missions vous attendent, avec des objectifs assez variés pour vous tenir scotché à votre pad. C’était l’un des autres défauts de la série, Ace Combat a toujours eu tendance à enchainer des missions assez banales. La formule évolue avec Wings of Theve, qui ose proposer des missions plus variées. Vous enchainerez missions d’élimination, de sauvetage et d’escorte, avec quelques très grosses surprises au programme. Et c’est là que cet opus s’impose comme une excellente surprise car on ne s’ennuie pas du tout pendant cette vingtaine d’heures de jeu.
Pad en main, le gameplay est également solide. On a droit entre deux prises en main différentes, avec une approche « débutant » très accessible et une approche « joueur pro » qui l’est un peu moins, mais qui offre à terme un meilleur contrôle. Quelle que soit l’option choisie, le gameplay reste toutefois très arcade. On passe son temps à chasser des cibles dans le ciel, à éviter des missiles en faisant des cabrioles et à prendre un pied monstre à jouer avec son environnement. Car c’est là l’une des principales nouveautés de cet épisode : le gameplay est fortement affecté par les conditions climatiques. Votre moteur aura ainsi tendance à givrer lorsque vous traverserez un nuage, la visibilité sera fortement affectée et vous serez parfois même frappé par la foudre. Le rendu ingame est superbe avec des nuages plus réalistes que jamais auparavant dans un jeu vidéo, des effets visuels photoréalistes (ces fines gouttes qui s’agglutinent sur le hublot !), et un réel sentiment de n’être pas grand chose dans l’immensité des lieux. Ace Combat 8 est globalement une claque magistrale, quel que soit le support sur lequel vous y jouerez.
Le jeu est également une très bonne portée d’entrée dans le genre pour le grand public, avec un gameplay qui reste accessible et des combats intenses qui poussent le joueur à changer continuellement de posture en accélérant / décélérant, réalisant des cabrioles et changeant continuellement d’arme. Seul petit bémol peut-être : les combats avec des cibles au sol imposent (forcément) des allers-retours qui rendront ces scènes moins captivantes que les duels aériens. Ce qui compte au demeurant, c’est que les sensations sont là, particulièrement en Mach 2, et qu’on prend un pied magistral à éviter de justesse un missile, à déboiter et prendre sa revanche quelques secondes plus tard en envoyant une salve de missiles sur sa cible.
Plus surprenant, cet épisode mise gros aussi sur son multijoueur, avec des combats en 4 contre 4 et du free for all, mais aussi des modes de jeu plus innovants, dont des modes coopératifs. Le mode Coop Assault oppose deux équipes de quatre joueurs qui vont devoir obtenir le meilleur score en éliminant des ennemis gérés par l’IA. Plus délirant, le mode Emergency Sortie forcera 8 joueurs à coopérer face à des super armes légendaires. Les joueurs se retrouvent entre deux parties dans un lobby, où ils pourront débloquer de nouveaux avions de chasse et cosmétiques pour leur progression. Ce qui est intéressant, c’est que le multijoueur nous est présenté comme un jeu à part, qui se distingue radicalement de l’expérience solo.
En définitive, difficile donc de trouver des défauts à ce qui demeure un excellent jeu de combats aériens. Ace Combat 8 brille par la beauté de ses graphismes, ses combats intenses, son contenu solide. Tout au plus pourra-t-on lui reprocher quelques soucis d’équilibrage avec ses avions de chasse, qui semblent tous plus ou moins taillés dans le même rocher, des alliés pas très efficaces et un certain manque de lisibilité dans les objectifs en cours de mission. Des défauts mineurs qui témoignent de l’énorme travail réalisé par le studio pour améliorer la formule. Pour ne rien gâcher à notre plaisir, rappelons aussi que The Belkan War est l’un des meilleurs opus de la série, qui mériterait presqu’à lui seul le détour…







