Suite du sympathique Rise of Champions, qui était sorti en 2020, Captain Tsubasa 2: World Fighters replace sous le feu des projecteurs une franchise qui mérite plus que jamais une brillante adaptation en jeu vidéo.
À retenir
- Captain Tsubasa 2: World Fighters est la suite directe de Captain Tsubasa: Rise of New Champions, sorti en 2020, sur PS4, PC et Switch.
- Le jeu nous propose de suivre un second arc narratif, basé cette fois sur les espoirs internationaux.
- World Fighters améliore la formule de l’original sans transcender l’expérience, avec un profond manque de technicité à lui reprocher.
Avec plus de 700.000 copies vendues, Captain Tsubasa: Rise of New Champions a été un joli succès commercial pour Namco Bandai. Gardons-le à l’esprit, il s’agissait d’un petit projet, au budget serré. Sans surprise, l’éditeur a choisi de capitaliser sur cette formule avec une suite qui élargit l’univers du jeu. C’est une grande première, la franchise débarque pour la toute première fois sur Xbox, le jeu étend cette fois disponible sur toutes les plates-formes du moment.
Pas de grosse surprise à l’horizon pour les fans puisqu’on reprend l’aventure précisément là où on l’avait abandonnée, en 2020. Pour les fans de la série animée, Captain Tsubasa 2 suit fidèlement l’histoire de la série. Le premier volet nous avait ainsi permis de suivre les premiers pas de Tsubasa dans le monde du football professionnel, cette suite change sensiblement les règles du jeu puisque vous incarnerez cette fois un nouveau venu dans l’équipe – à personnaliser entièrement, de la corpulence aux détails du visage. Exit le local, place aux compétitions internationales. Tsubasa 2 vous fait intégrer l’équipe nationale nippone au niveau des espoirs – la toute jeune génération donc. Et forcément, le scénario n’en est que plus intéressant. D’autant plus que c’est Yoichi Takahashi qui s’est collé à la tâche d’écrire l’histoire de cet épisode, qui intègre quelques passages inédits par rapport à l’animé, et introduit des histoires secondaires pour enrichir l’aventure.
Clairement, le mode solo narratif du jeu est sa plus grande force. Vous le constaterez d’ailleurs plus tard, le jeu n’a pas grand chose à offrir en-dehors de ce mode de jeu. Ceci étant dit, cela ne veut pas dire pour autant que le mode solo frôle la perfection. On lui reprochera au contraire des choix narratifs sans grand impact sur l’intrigue, des dialogues parfois un peu creux et une histoire à rallonge… Là où le titre brille, c’est dans la mise en scène des matchs et l’évolution des personnages, qui vont gagner en profondeur au cours de l’aventure mais aussi acquérir de nouvelles techniques tout au fil de l’aventure.
Gros point positif d’ailleurs, à relever d’entrée de jeu : si les doublages sont par défaut en japonais, le jeu bénéficie d’une traduction manuscrite en français. Ce qui était bien évidemment très souhaitable pour un public jeune. Alors certes, Captain Tsubasa 2 va sans doute beaucoup jouer avec la fibre nostalgique des quarantenaires, mais pas que.
Tout cela c’est bien beau, mais pad en main, que faut-il en penser ? C’est sans doute sur cet aspect que nous serons le plus critique. L’évolution par rapport à l’opus de 2020 est très timide. Pour ne pas dire inexistante. Alors oui, la physique du jeu semble avoir été retravaillée, mais au premier contact, on ne sent pas de grosse évolution. Captain Tsubasa 2 se présente comme un jeu de football arcade à la mise en scène travaillée puisque les matchs sont entrecoupés par des courtes cinématiques qui viennent renforcer la narration. Globalement, les contrôles nous ont toutefois paru très imprécis, qu’il s’agisse des tirs, tacles ou passes. La vue latérale très basse (et ses deux variantes) n’y est pas pour rien. On a du mal à comprendre ce qui se passe sur le terrain et les commandes ne sont pas forcément intuitives. Pensez d’ailleurs à passer par le tutoriel complet si vous souhaitez comprendre comment y jouer, car seules les microbases sont expliquées dans le match d’ouverture. De surcroit, une grosse partie des actions restent très contemplatives. En d’autres termes, on ne fait pas grand chose sur le terrain à part tacler un ennemi et tirer sur le but adverse. Majoritairement, la stratégie qu’on va appliquer sera systématiquement la même. On récupère le ballon, on monte au jeu et on frappe aussi fort que possible, à plusieurs reprises, jusqu’à ce que le gardien laisse tout passer, par épuisement. Là où le jeu se montre plus intéressant que son prédécesseur, c’est dans le fait qu’il intègre de nouvelles techniques – attaques spéciales – et permet (enfin) de diriger le gardien. Avant, cette séquence était totalement passive. Désormais, on a au moins le choix de sauter à gauche ou à droite…
Captain Tsubasa 2 est un jeu qui brille surtout par la mise en scène de ses techniques spéciales et ses duels épiques dans le petit carré. Les séquences d’entre jeu sont beaucoup moins captivantes et stratégiques. D’une certaine façon, on pourrait d’ailleurs davantage le comparer à un jeu de combat que de football, dans le sens traditionnel du terme. N’y cherchez surtout pas un clone de FC d’EA. Les deux titres n’ont rien en commun, si ce n’est la discipline.
Mais alors, que faut-il penser de cette suite ? Assurément du bien, puisque globalement le jeu reste très fidèle à l’univers de l’animé, avec une patte graphique très efficace, une bande son solide, plus d’équipes, de joueurs et de techniques. L’arc narratif proposé est également plus intéressant pour les fans, mais il faudra composer avec des défauts majeurs : un concept qui tourne vite en rond, une caméra qui suit mal l’action et un contenu un peu limité. En-dehors du mode solo, on ne trouve qu’un simple mode multijoueur qui ne permet que d’affronter des autres joueurs à travers un match. Pas de compétition ni de tournoi à l’horizon. Autant dire que celui-ci sera vite désert !
Alors oui, le titre de Tamsoft reste agréable à jouer, mais on aurait clairement aimé plus de nouveautés, un contenu enrichi et surtout un gameplay retravaillé. Vous répondrez sans doute qu’une suite change rarement de formule, et vous aurez bien raison. Mais clairement, pour passer la seconde, Tamsoft devra prendre le problème à bras le corps pour un éventuel troisième opus…







