Après Silent Hill, Konami ressuscite une autre série emblématique de son catalogue avec Castlevania: Belmont’s Curse, suite inattendue de la franchise, en 2.5D.
À retenir
- Castlevania: Belmont’s Curse est un revival d’une franchise les plus emblématiques de Konami, l’incontournable Castlevania.
- L’éditeur ose une approche audacieuse en nous proposant un jeu d’action-aventure en 2.5D, de style metroidvania.
- Outre par sa direction artistique inspirée, le jeu brille par son gameplay et son univers plein de charme.
Konami multiplie les succès depuis quelques temps. Si on rêve d’un nouveau Metal Gear, deux autres franchises emblématiques de l’éditeur ont récemment eu droit à de superbes revivals. Silent Hill, qui s’est offert un excellent remake et deux épisodes inédits, dont le très bon Townfall, et Castlevania, qui nous revient aujourd’hui avec un nouvel épisode baptisé Castlevania: Belmont’s Curse.
Comme avec Silent Hill, Konami a choisi de confier sa licence à un studio externe pour organiser ce revival. Et ce sont les studios Evil Empire et Motion Twin, qui ont pris les choses en main. Un choix qui s’est avéré payant.
Autre changement de taille, Konami a volontairement exclu la 3D pour ce nouvel opus. La série avait pris un tournant à l’époque de la N64 en abandonnant la 2D pour se transformer en un jeu d’action-aventure plus classique. Le résultat était globalement mitigé, malgré quelques petites réussites. Belmont’s Curse opère donc un retour à la 2D (même si en réalité on est sur la 2.5D), qui sera sans doute salvateur pour la franchise. Car cet épisode renoue avec tout ce qui avait fait le succès des premiers : de l’exploration, des énigmes environnementales à résoudre, de l’action aussi et surtout des combats de boss très intenses.
Tout cela ne veut toutefois pas dire pour autant que le jeu n’a pas droit à une touche de modernisme. A commencer par le gameplay, qui s’inscrit dans la droite lignée des épisodes en 8 et 16 bits, mais intègre un paquet de nouvelles features fort intéressantes. Dès le début de l’aventure, notre héroïne gagnera ainsi une faculté à utiliser un fouet pour s’agripper aux corniches. Rose se déplace rapidement dans les airs, multipliant les cabrioles pour éviter une mort certaine. Sachez-le, Belmont’s Curse est également un jeu de plates-formes. Il s’agit même d’une composante centrale du jeu. Le second pouvoir acquis par l’héroïne lui permet de dématérialiser certains blocs qui l’empêchent de progresser dans le niveau. Dit comme ça, ça parait simple, mais dans la pratique les développeurs exploitent parfaitement cette capacité en jouant avec les pièges environnementaux, rendant des séquences de plates-formes déjà intenses encore plus ardues. Dans le même ordre d’idée, on retrouve un système de pouvoirs spéciaux, qui se débloquent au cours de l’aventure qui permettront de varier les attaques. Au total, le jeu propose tout de même plus de 25 armes différentes, de multiples sorts et capacités pour varier les plaisirs.
Pad en main, le jeu se montre d’une intensité surprenante. Rose est capable de glisser au sol, s’envoler dans les airs, s’accrocher à un ennemi pour se propulser, à une vitesse impressionnante, créant un curieux ballet mortuaire. Le jeu alterne brillamment combats, plate-forme et exploration.
Comme dans tout metroidvania qui se respecte, Belmont’s Curse propose d’explorer une carte gigantesque, qui recèle également de secrets à découvrir. Tout se joue sur un plan en deux dimensions. Le joueur explore ici Paris, mise à feu et à sang. L’accent est clairement mis sur l’exploration même si le joueur est globalement guidé dans son aventure. On sait toujours plus ou moins où se rendre et que faire. Les curieux seront récompensés en débloquant de l’expérience et des améliorations pour son personnage. Car c’est là que le titre prend une toute autre dimension, il est possible d’explorer les moindres recoins de la carte, très labyrinthique, et de laisser des indicateurs qui vous rappelleront de revenir sur vos pas pour un coffre fort temporairement inaccessible. La formule se veut finalement très proche d’un Prince of Persia: The Lost Crown.
Bien qu’il soit en 2.5D, le jeu soigne sa présentation avec des dialogues bien écrits, de jolies cinématiques qui n’hésitent pas à changer de plans pour davantage nous immerger dans l’action et un scénario prenant. On y incarne Rose Belmont, fille du héros qui a vaincu Dracula, Trevor Belmont, partie découvrir Paris. L’histoire prend place en l’an de grâce 1499, la métropole est plongée dans les flammes suite à l’arrivée d’une horde de créatures de la nuit.
C’est simple, si Konami avait voulu ressusciter l’une de ses licences les plus emblématiques, l’éditeur n’aurait pas pu mieux s’y prendre. Belmont’s Curse respecte à la lettre l’ADN de la franchise, tout en osant apporter quelques nouveaux éléments de gameplay. Mieux encore : le jeu réconciliera hardcore gamers et débutants puisque sa difficulté est customisable dans les moindres défauts. Si le jeu est difficile de base, il sera possible de le terminer beaucoup plus facilement en multipliant par exemple par trois ses dégâts.
Côté technique aussi, Belmont’s Curse frôle également le sans faute avec une direction artistique superbe, même si certains décors sont un peu plus dépouillés que d’autres, et des modélisations superbes – tant des héros et vilains que des ennemis de base rencontrés durant l’aventure.
Mais alors, Konami a-t-il réussi son pari ? Assurément, car il n’y a finalement pas grand chose à redire concernant ce nouvel opus. Notre plus gros regret concerne sans doute certains mécanismes de jeu mal expliqués, comme les voyages rapides, dont le fonctionnement ne vous est jamais vraiment expliqués. Les conditions d’obtention de certaines cartes de tarot qui débloquent les capacités de Rose ne sont pas non plus toujours évidentes. Enfin, si la bande son est globalement réussie, les morceaux ne sont sans doute pas aussi mémorables qu’attendu. Quoi qu’il en soit, ce Belmont’s Curse est incontestablement une très bonne pioche !










