Après le cauchemar FM26, Football Manager retrouve enfin son lustre d’antan. Interface épurée, causeries de retour : de quoi se perdre à nouveau des nuits entières.
À retenir
- Football Manager 27 corrige les erreurs de Football Manager 26 avec une interface épurée, des fenêtres plein écran et des raccourcis personnalisables.
- Le jeu réintroduit les causeries en match et ajoute des ajustements tactiques ainsi qu’une efficacité tactique qui mesure la compréhension des consignes par les joueurs.
- Les graphismes progressent peu, les modèles de joueurs restent génériques, et l’absence de la Liga espagnole est le principal manque du titre.
Les trois dernières années ont été particulièrement compliquées pour Sport Interactive et SEGA, les deux studios derrière la très populaire série des Football Manager. Après des années à flirter avec les sommets, les développeurs ont décidé d’opérer une réelle remise en question avec le passage à Unity et le souhait de faire passer un cap à la franchise. Le développement sera alors compliqué, avec l’annulation pure et dure de Football Manager 25, les développeurs ayant préféré se concentrer sur l’épisode suivant pour proposer un produit fini et qui répondrait aux attentes.
Novembre 2025. Football Manager 26 sort, les attentes sont énormes. Nouveau moteur de jeu et refonte totale de l’interface seront proposées, pour un rendu final désastreux. Les critiques de la presse sont loin d’être mauvaises, mais ne rivalisent absolument pas avec les précédents épisodes. Les joueurs, eux, seront totalement perdus face à une interface surchargée et très peu user friendly, des bugs en cascade et une expérience globale très négative. Sur Steam, le jeu regroupe plus de 20 000 avis dans toutes les langues considérés comme « plutôt négatifs ».
Football Manager 27 se devait donc de relever le niveau. Après une année de remise en question et de développement intensif, les équipes de Sport Interactive nous reviennent avec un épisode qui semble, à première vue, pas très éloigné de son prédécesseur. Pourtant, le travail abattu est immense et intéressant, en s’appuyant notamment sur les retours des joueurs. « En se basant sur des évaluations en interne et sur vos retours, FM27 fait évoluer notre design existant tout en réintroduisant des comportements familiers pour créer une expérience plus épurée et plus intuitive dès le début de chaque carrière », expliquent donc les développeurs. Nous ne demandions qu’à voir.
Pour permettre aux joueurs de découvrir à quel point le titre a été remodelé en un an et qu’il mérite que l’on s’y intéresse, les développeurs ont permis de télécharger et de jouer à Football Manager gratuitement le week-end précédant sa sortie. Un joli geste à double tranchant : soit les joueurs ont aimé cette preview et vont se raccommoder avec la franchise, soit ils vont la bouder définitivement. De notre côté, ces quelques jours précédant la sortie du titre nous ont paru comme une évidence : Football Manager retrouve son lustre d’antan.
Sans vouloir trop frimer, votre fidèle serviteur a plutôt bien roulé sa bosse sur Football Manager : j’y joue depuis l’épisode de 2014 avec certains millésimes sur lesquels je dépasse les 500 heures de jeu. Quand Football Manager 26 est sorti, ce fut un véritable cauchemar. La série qui avait causé chez moi bon nombre de nuits blanches était méconnaissable, avec une interface brouillon qui fourmillait de fenêtre pop-up en tous genres tel un très mauvais adware de Windows XP.
Avec Football Manager 27, les développeurs ne sont pas revenus à l’interface précédente, mais ont plutôt privilégié une épuration de celle-ci. La majorité des informations principales sont proposées dans la vue d’ensemble de gestion du club et les fenêtres d’informations ne redirigent désormais plus vers une fenêtre pop-up qui peut en ouvrir une autre et ainsi de suite, saturant très rapidement l’espace de travail. Les clics superflus ont été supprimés et le principal de la navigation se passe dans les barres de menus principale et secondaire situées en haut de l’écran. La qualité de l’information semble désormais privilégiée face à la quantité, les fenêtres pop-up apparaissant en plein écran et permettant de continuer la navigation très rapidement. Il est même enfin à nouveau possible de personnaliser les raccourcis pour accéder plus rapidement à certains menus.
Ceci étant dit, FM27 ne se contente pas seulement de remodeler son interface, il se propose à nous avec certaines nouveautés au niveau du gameplay, mais aussi des éléments qui font leur retour après nous avoir terriblement manqué l’année passée. C’est notamment les causeries en match qui, sans qu’on ne sache pourquoi, n’étaient pas disponibles au lancement du jeu. Elles sont revenues en cours de route avec une mise à jour, mais le mal était fait. Pourquoi avoir retiré ce qui nous permettait de motiver les troupes en plein match ou, au contraire, de les fustiger en cas de déroute ?
Qu’à cela ne tienne, FM27 les réintroduit pendant le match pour permettre d’inverser le cours du jeu ou de conforter une avance au marquoir. Les causeries ont un véritable impact sur le moral des troupes, et il est à nouveau possible de faire un causerie d’équipe ou individuelle afin de cibler un joueur en particulier. A ces causeries s’ajoute l’arrivée des ajustements tactiques en plein match. Assez complémentaires des consignes, les ajustements ont pour but de donner des directives ponctuelles aux joueurs sur leur façon de mener le match. Ca peut aller d’une permutation des ailes à un jeu avec plus de patience en passant par le gardien qui monte sur coups de pied arrêtés ou de mettre le paquet pour marquer à tout prix. Là aussi, elles peuvent soit viser l’équipe toute entière soit un joueur bien particulier.
Une autre introduction très plaisante est celle de l’efficacité tactique. Concrètement, celle-ci vous indique dans quelle mesure chaque joueur, individuellement et collectivement, comprend et applique les consignes individuelles et collectives données par l’entraîneur les jours de match. Si une tactique est bien comprise par l’ensemble des joueurs, alors il n’y a pas de raison que vous ne rouliez pas sur vos adversaires. A l’inverse, une tactique incomprise aura besoin de plus de temps à l’entraînement pour l’intégrer.
Les développeurs annoncent également des nouveautés au niveau du moteur de jeu et notamment de l’environnement général en match, comme le public, les stades ou les effets de lumière. Si le contraste est saisissant avec les précédents épisodes de FM, les différences sont toutefois moins flagrantes avec FM26. Certes, le jeu est légèrement plus beau que l’année passée. Mais on est loin de la révolution visuelle promise depuis longtemps et qui ferait un grand bien à la licence pour franchir un cap supplémentaire. Il y a du mieux, c’est certain, mais les graphismes s’apparentent plus ici à du LFP Manager qu’à du EA Sports FC.
L’autre reproche que l’on pourrait faire sur ce point c’est au niveau des modèles 3D des joueurs. Là encore, un LFP Manager 08 faisait presque mieux et se voulait plus fidèle à la morphologie ou à la couleur de peau des joueurs. Ici, on se retrouve avec des joueurs d’origine africains totalement méconnaissables et des visages génériques.
Enfin, les équipes de SI ont ici introduit un nouveau mode de jeu qui ne sera certainement pas la star de cet épisode, mais qui a le mérite qu’on s’y intéresse. Il s’agit d’un mode Draft, semblable en quelque sorte à Ultimate Team chez Electronic Arts mais sans ses défauts. Vous composez l’équipe de rêve sur base de plusieurs tours de drafts, en hors-ligne ou en multijoueur. Une fois l’équipe de rêve créée, vous avez le choix entre une compétition classique ou un tournoi, et n’affrontez que des équipes créées via une draft par des joueurs ou l’IA. C’est somme toute assez sympathique et rafraîchissant dans Football Manager.
FM, c’est avant tout un jeu dans lequel on se plaît à se perdre et à y passer d’innombrables sessions de jeu. FM27 semble renouer avec cet héritage avec une interface qui n’y est bien sûr pas étrangère. C’est plus instinctif et intuitif, le mélange parfait pour de magnifiques soirées à vouloir conquérir la Liga ou la Coupe du Monde. Les équipes nationales font d’ailleurs officiellement leur retour, elles qui étaient absentes de FM26 et qui ne sont revenues qu’au moment du Mondial américain.
La série a également su, au fil des années, gagner en crédibilité auprès des grandes compétitions nationales et internationales et à récupérer les droits sur les noms de clubs et de compétitions très prestigieux : Premier League, Bundesliga, Ligue des Champions, Ligue 1, FIFPRO… Mais en tant qu’éternel satisfait (et surtout fan du football espagnol), je ne peux que m’attrister de l’absence des clubs officiels et de la licence de la Liga espagnol. C’est peut-être le gros absent du titre, avec certaines compétitions comme la Liga Portugal.










