Une île mystérieuse, un oncle disparu et un hydravion à restaurer : Lou’s Lagoon séduit par sa direction artistique feel good, mais trébuche sur des bugs qui gâchent une expérience pourtant prometteuse.
À retenir
- Lou’s Lagoon est un jeu d’exploration et de fabrication (crafting) en solo sur une île mystérieuse.
- Il séduit par sa direction artistique colorée et son univers feel-good destiné à un public jeune, avec une durée de vie correcte.
- Malgré une bonne boucle de gameplay, le jeu trébuche sur une fabrication trop lente, un inventaire limité et des bugs bloquants qui gâchent l’expérience.
Il ne suffit pas toujours d’avoir de gros moyens et de viser une aventure bourrée d’action et de plot twist pour proposer un agréable jeu d’exploration et de fabrication. Lou’s Lagoon en est la preuve parfaite. Développé par le jeune studio allemand Tiny Roar, fort de 28 personnes, Lou’s Lagoon est une invitation à la découverte et à la fabrication dans un mignon décor rempli de créatures fascinantes. Mais sous ses airs enfantins et colorés, le titre parvient-il à capter l’attention ?
L’oncle Lou a disparu lors d’une violente tempête qui a ravagé l’île de Limbo. Votre personnage, que vous aurez pris soin de personnaliser dans l’éditeur en début de partie, débarque sur l’île avec un double objectif : retrouver Lou et aider les autochtones à se reconstruire. Plus vous explorerez, plus vous rencontrerez de communautés différentes, et plus vous en apprendrez sur cette île qui abrite une mystérieuse légende liée à la Lumière, aux Ténèbres, au Vent et aux Vagues.
Si le récit parvient à entretenir la curiosité au moyen de quelques surprises bien ficelées, on a surtout affaire à une histoire simple et prévisible, qui sert principalement de fil conducteur à l’aventure. On soulignera plutôt sa simplicité de compréhension, pensée principalement pour un public plus jeune, et le fait qu’elle remplit honnêtement son rôle de prétexte narratif sans jamais peser ni ambitionner de grandes récompenses.
Ce qui aide toutefois à la narration dans ce type de jeu, c’est l’excellente direction artistique qui est la sienne et, surtout, le monde que les développeurs sont parvenus à construire. Lou’s Lagoon ne révolutionne certes pas les standards des graphismes, mais il apporte malgré tout un univers sympathique qui plait, autant aux petits qu’aux grands. C’est coloré, vivant, inspiré des cartoons et tellement feel good. C’est techniquement (et peut-être volontairement) modeste, mais là n’est pas le plus important. L’absence de doublage est peut-être la seule ombre au tableau, et aurait peut-être pu apporter ce petit plus au récit.
Le gameplay, lui, repose sur une boucle basée sur l’exploration, la récolte, la fabrication et les améliorations. Cette boucle fonctionne plutôt bien et s’auto-alimente grâce à des besoins naturels comblés par le Swirler, une sorte d’aspirateur géant à ressources. Vous explorez, vous repérez ce dont vous avez besoin et, en vous baladant, tombez sur un coffre qui contient une extension d’inventaire, vous permettant de récolter encore plus de ressources. Pour accéder à certaines îles, vous aurez besoin de telle ou telle amélioration, qui vous permettra également plus tard d’accéder à une ressource auparavant inaccessible sur la première île, et ainsi de suite…

En l’état, on pourrait penser que Lou’s Lagoon est irréprochable dans sa conception et, surtout, dans sa construction. Pourtant, les systèmes de gestion du titre viennent sérieusement freiner les ambitions de cette fameuse boucle de gameplay que l’on prend plaisir à emprunter. La fabrication est en effet trop lente, l’inventaire trop longtemps limité et on se surprend malgré tout à faire constamment la même chose.
Pour accéder à d’autres îles de l’archipel, votre personnage pourra compter sur l’hydravion de Lou, détruit par la tempête. Après une restauration en bonne et due forme, vous pourrez le piloter et profiter de contrôles franchement réussis. C’est sympathique les premières heures, puis ça devient répétitif une fois la carte maîtrisée. L’archipel n’est d’ailleurs pas très grand, puisque composé que de cinq îles visitables. L’hydravion reste au final secondaire, bien que les développeurs aient voulu combler le manque latent d’intérêt avec des défis en tout genre.
Comptez une bonne dizaine d’heures pour compléter l’histoire principale, et quelques heures de plus pour les quêtes secondaires, la construction et la personnalisation. Un total plus que raisonnable pour un jeu vendu 25 €, surtout qu’il occupera vos bambins plusieurs heures grâce aux cinq îles, aux nombreuses quêtes et aux nombreux gadgets à améliorer. Certains joueurs se plaignent toutefois de bugs empêchant l’accessibilité au contenu post-game. Ce ne fut pas notre cas, mais c’est un souci à corriger de toute urgence s’il ne l’a pas encore été à l’heure d’écrire ces lignes.
D’ailleurs, c’est la finition qui fait perdre beaucoup de points au jeu. Outre l’absence de doublage regrettable mais pas condamnable, on reprochera à Lou’s Lagoon un sérieux manque de polissage avant sa sortie définitive. Bugs bloquant la quête principale, personnage qui se coince dans les décors, temps de chargement excessifs à l’atterrissage de l’hydravion, taille de police non ajustable… Et nous en passons.







