C’était LA grosse sortie de cette fin d’année pour PlayStation. LE jeu qui allait relancer les ventes de la PS5 à une période critique. Car depuis près d’un an maintenant, Sony traverse une période difficile et n’a surtout pas eu d’énorme jeu solo à proposer à ses clients depuis un certain temps déjà. Marvel’s Wolverine mérite-t-il le coup d’oeil ? C’est ce que nous allons vous expliquer dans ce test.
À retenir
- Marvel’s Wolverine est la nouvelle grosse exclusivité PlayStation, un jeu d’aventure solo dans la veine de Spiderman, The Last of Us et God of War.
- Le jeu prend la forme d’un beat them all finalement très classique au niveau de sa progression.
- Admirablement mis en scène, Marvel’s Wolverine reprend les codes des blockbusters hollywoodiens, avec une action débridée. Le jeu offre une expérience solide, mais peine à convaincre dans son lore, son character design et certaines séquences.
Sony s’est forgé une solide réputation dans les jeux d’aventure narratifs. De The Last of Us à God of War en passant par Spiderman ou encore Uncharted, l’éditeur a multiplié les succès commerciaux, au point d’en faire un solide argument de vente face à ses concurrents. Car aux yeux des consommateurs, Sony représente aujourd’hui les jeux d’aventure « matures », des blockbusters interactifs pratiquement aussi incontournables que les films Star Wars, Harry Potter ou Seigneur des Anneaux au cinéma. Nintendo s’est positionné sur un tout autre segment avec ses jeux colorés, tandis qu’Xbox a misé sur les jeux indé et les jeux multijoueurs. Logique, somme toute, que ce soit Sony qui s’y colle à nouveau. D’autant plus que la formule du jeu solo dans un univers Marvel a déjà été testée avec succès sur les deux premiers Spiderman et leur spin off. La formule est toutefois logiquement assez différente ici, puisqu’Insomniac a choisi de troquer l’open world de Spiderman pour une aventure nettement plus linéaire.
Malgré les apparences, Marvel’s Wolverine n’est pas si différent de ses prédécesseurs – comprenez par là les autres jeux « Wolverine » de ces 20 dernières années. On est face à un beat them all très classique dans sa forme, qui ne se distingue de ses prédécesseurs que par son ambition de jeu triple-A et sa narration. Sony a mis le budget pour en faire un jeu marquant, et ça se voit.
Si, au premier contact, le jeu parait un peu trop simpliste, sachez-le, il gagnera en profondeur au fil de l’aventure, lorsque vous débloquerez de nouveaux mouvements et attaques dans l’arbre de compétences de Logan. En soi, le gameplay du titre n’a rien d’exceptionnel, mais il est suffisamment bien exécuté pour convaincre : on retrouve une belle diversité d’ennemis, des niveaux qui offrent parfois une plus grande profondeur, des enchainements d’attaque très solide et quelques très bonnes idées, comme cette faculté de Wolverine à embraser ses griffes pour faire plus de dégâts à ses adversaires. Les combats sont très nerveux et assez techniques pour être intéressants.
En réalité, le jeu s’en sort globalement plutôt bien dans sa partie action et aventure, avec quelques séquences de plates-formes efficaces, une narration parfaitement intégrée à l’aventure et même un soupçon d’exploration avec à la clé des ressources à collecter pour améliorer son équipement. Là où cela fonctionne moins bien, c’est dans les à-côtés. Comprenez par là les quelques rares séquences d’infiltration, beaucoup trop basiques pour être intéressantes – on se contentera la plupart du temps d’éventrer ses ennemis en se glissant dans leur dos, en se faufilant dans les hautes herbes -, et les quelques séquences narratives qui vous placent sur un rail et vous forcent à enchainer les « small talks » sans intérêt avec les PNJ. Des séquences de jeu qui cassent complètement le rythme de Marvel’s Wolverine et n’apportent en soi pas grand chose au jeu. Alors on comprend bien sûr la volonté du studio de construire une expérience narrative, mais il y a avait certainement mieux à faire à ce niveau que du « walking simulator » en slow-motion. Durant l’aventure, Logan sera aussi amené à conduire une moto lors de quelques séquences de courses-poursuites très scriptées, pas forcément très maitrisées elles non-plus…
Vous l’aurez compris, si Marvel’s Wolverine est un beat them all efficace, il est un jeu d’aventure beaucoup moins convaincant, la faute à des séquences de jeu moins maitrisées et un rythme qui a beaucoup de mal à trouver le juste milieu, oscillant entre action frénétique pendant plusieurs minutes pour passer ensuite à de longes segments narratifs parfois soporifiques.
Niveau scénario, on reste sur une intrigue très classique. L’histoire ne s’intéresse pas aux débuts de Wolverine puisqu’elle démarre quand le héros rejoint la Team X, 3 ans après l’avoir quittée. Il ne faudra pas s’attendre à une aventure épique. Tout le scénario repose sur une traque des mutants par le professeur Trask. Ca sent tout de même furieusement le réchauffée, même si le récit a la très bonne idée d’introduire des tas de vilains pas très connus pour donner un peu de fraicheur à cette aventure. Le plus gros défaut du jeu reste toutefois son casting. Difficile de passer derrière Hugh Jackman. Liam McIntyre, qui incarne le personnage dans cet épisode, ne s’en sort pas trop mal mais est tout de même loin d’atteindre le niveau de charisme de Jackman. Le personnage parait un peu plat et surtout beaucoup moins torturé que dans les longs métrages. Pire, le reste du casting n’est pas du tout à la hauteur, avec des superhéros non seulement moches, mais également atrocement plats et sans aucune profondeur. A un tel point qu’en jouant, on se demande réellement de qui il s’agit. Si Mystique reste reconnaissable, Lady Deathstrike et Jean Grey sont massacrées. Majoritairement, le character design loupe le coche, s’éloignant de celui des comics et des précédents jeux vidéo. Et ce ne sont malheureusement pas les nombreux jeunes mutants que nous sauverons qui redresseront le niveau…
Là où le studio brille en revanche, c’est au niveau de la mise en scène, avec des cinématiques parfaitement orchestrées, des séquences d’action dignes des films à gros budget et un réel talent cinématographique. Le tout est assez joliment mis en scène pour que l’on n’ait en tout cas pas l’envie de zapper toutes les cinématiques.
Sur le plan technique, Marvel’s Wolverine est une franche réussite. Le jeu est très joli globalement, avec des effets spéciaux superbes, des décors globalement travaillés, une très jolie mise en scène, et une fluidité parfaite. Seul raté : le character design, déjà évoqué plus haut dans ce test.
On ne pourra par ailleurs pas non plus lui reprocher une durée de vie trop courte, le jeu se terminant en une quinzaine d’heures. D’autant plus qu’il y a quelques contenus annexes comme les défis et les tenues et améliorations à débloquer. Pour un triple-A solo ce n’est vraiment pas mal.
Côté audio aussi, Wolverine s’en sort très bien avec d’excellents doublages et une bande son de blockbuster hollywoodien. Les bruitages et musiques d’ambiance sont excellents, on sent que Sony y a mis les moyens.







