L'affiche d'Onimusha: Way of the Sword.
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Test – Onimusha: Way of the Sword : un retour qui divise

par Etienne Froment, publié le 15.09.2026 à 21h57

Joli succès commercial au début des années 2000 sur PS2, la série des Onimusha n’a malheureusement pas su évoluer avec son temps et a été sacrifiée par l’éditeur au profit d’autres licences jugées à plus fort potentiel. Avec ses multiples récents succès, Capcom s’est toutefois vu pousser des ailes et a décidé de prendre des risques. Il livre avec Way of the Sword un jeu qui n’a plus grand chose à voir avec l’original…

À retenir

  • Onimusha: Way of the Sword est la nouvelle entrée dans la série culte des Onimusha.
  • Ce nouvel épisode se distingue des prédécesseurs de par sa structure : exit le « Resident-Evil like », place à un jeu en mini open-world, plus en phase avec son époque, et destiné surtout à séduire une audience plus large.
  • Si Way of the Sword séduira peut-être de nouveaux venus, il divisera également les fans, qui s’attendaient sans doute à un jeu plus fidèle à l’ADN de la franchise…

Tout comme Dino Crisis, Onimusha fait partie de ses vieilles franchises du catalogue de Capcom qu’on imaginait pas revenir un jour sous le feu des projecteurs. Il faut néanmoins l’avouer, les remasters des deux premiers volets nous avaient mis la puce à l’oreille. Il était évident que Capcom préparait quelque chose. On s’attendait toutefois à tout sauf à un reboot aussi ambitieux. Car il faut le comprendre, Onimusha n’est pas la série phare de l’éditeur, loin de là même. Resident Evil, c’est plus de 210 millions de copies de jeux vendues, toutes plates-formes confondues. Onimusha, c’est à peine 10 millions. Alors oui, en mettant le paquet sur ce reboot, l’éditeur a pris des risques.

Ce qu’il faut bien comprendre avant d’aller plus loin, c’est qu’Onimusha et Dino Crisis étaient en réalité deux jeux qui copiaient collaient la formule des Resident Evil à l’époque de la PS One et de la PS2 et la transposaient dans des univers différents. C’était du survival horror à l’ancienne avec quelques sursauts, des niveaux labyrinthiques, des clés et interrupteurs, des angles de vue fixes et un peu d’action. Way of the Sword prend tout cela à contrepied et propose un cocktail explosif d’action, d’open world et de combats de boss qui nous rappellent les meilleurs Souls-likes. Exit donc la formule du survival-horror classique. Et en ce point, ce reboot pourrait bien décevoir quelques fans.

D’une certaine façon, oui, Way of the Sword se rapproche un peu plus d’un Souls-like que d’un survival-horror. On retrouve le mélange de niveau labyrinthique et d’open world, beaucoup de combats de boss, une chorégraphie stylisée, des combats assez techniques. Mais Way of the Sword se veut davantage un jeu d’action qu’un Souls pur. Par défaut, le niveau de difficulté n’est pas très élevé, le jeu reste accessible malgré quelques mécaniques à maitriser, et aucunement punitif dans sa progression. Si vous mourrez, vous recommencer précisément là où vous étiez tombé.

Autre point d’attention, si on évoque un open-world, il est en revanche davantage question d’un univers extensible avec un hub central, mais des quêtes qui vous placeront quasi systématiquement sur un rail. Non vous ne pourrez pas explorer librement l’univers du jeu, et c’est assez dommage car le titre se retrouve bizarrement bloqué entre deux styles, sans jamais vraiment trouver son camp.

Pad en main, on a la même sensation, avec cette impression qu’Onimusha veut entrer dans la cour des grands souls-likes, mais est comme retenu par l’ADN de la franchise, qui ne lui permet pas totalement de s’émanciper de son passé… Et c’est dommage car le level-design en souffre terriblement avec une progression très linéaire, des décors qui manquent de personnalité et un côté un peu générique tout de même. C’est sans doute dans la partie combats que le jeu brille le plus, avec des affrontements nerveux, des tas de combos et techniques à débloquer, la possibilité d’utiliser aussi un arc pour éliminer des ennemis à distance, et une gestion de l’inventaire héritée des anciens opus. Way of the Sword introduit toutefois un système de parade qui vous obligera à appuyer au bon moment sur le bon bouton. Amusant les premiers instants, il faut tout de même reconnaitre que le mécanisme rappelle les QTE à l’ancienne et devient vite assez agaçant. Dans le même style, on se souvient que Wo Long avait testé une formule similaire… Les puzzles, la réflexion, l’horreur, passent eux à la trappe. Onimusha est devenu un pur jeu d’action.

Ceci étant dit, là où le jeu brille, c’est dans ses combats de boss, très nombreux, qui vous opposeront à des ennemis titanesques. Les combats sont intenses, brutaux même. Ils ont également tendance à nous surprendre avec des affrontements en plusieurs rounds, que certains qualifieront peut-être de combats à rallonge. Tout n’est pas parfait là non plus, le système de parade a tendance à enlever beaucoup trop de vie aux adversaires quand on les réussit. Les (excellents) joueurs ne rencontreront globalement pas de grosse difficulté dans leur progression. Ceci étant dit, ce sont clairement les passages les plus réussis du jeu.

Car Onimusha a un gros défaut : le jeu souffre d’un problème de rythme hérité de sa structure étrange. On fait de longs allers-retours sans aucun intérêt entre les missions, on enchaine des dialogues qui manquent de saveur et de profondeur et des combats contre les péons adverses sans challenge, avant de passer à des combats de boss palpitants. Et ce ne sont malheureusement pas les quêtes secondaires sans intérêt qui nous feront changer d’avis.

Niveau narration, c’est un peu le même constat. On le sent, 0nimusha a été repensé pour toucher un plus large public. L’intrigue est basique, les personnages et les dialogues assez creux et seuls en définitive les ennemis croisés parviennent à donner un peu de profondeur au récit. On est loin ici de l’excellence de Resident Evil Requiem et on se demande d’ailleurs sincèrement ce qui a bien pu passer par la tête de l’éditeur qui nous avait pourtant habitué à des productions de bien meilleure qualité. C’est d’autant plus regrettable qu’un gros travail a été réalisé sur les expressions faciales et la bande sonore du jeu, d’excellente facture.

Côté technique, Onimusha: Way of the Sword s’en sort avec les honneurs, sans briller. Certaines séquences de jeu et cinématique sont superbes, d’autres beaucoup moins. Par exemple, certains éléments des décors paraissent encore très cubiques. Les textures choisies ne sont pas non plus systématiquement les meilleures. Et puis bien sûr il y a le côté très générique des personnages centraux et des « Genma », qu’on croirait tout droit sortis d’une série Z. C’est sans doute l’époque qui veut ça… Reste qu’en face, les boss ennemis sauvent une fois de plus le navire du naufrage.

Vous l’aurez compris, on a aimé autant qu’on l’a détesté. Onimusha: Way of the Sword n’a plus rien à voir avec ses ancêtres, pour le meilleur et pour le pire. Capcom réussit son pari d’ouvrir la série à un nouveau public, mais sacrifie le gameplay sur l’hôtel public. Les 20 heures de jeu nécessaires à boucler l’intrigue sont presqu’une souffrance. En ce qui nous concerne on aurait largement préféré une structure plus linéaire et plus contrôlée également. Mais visiblement pour ce jeu, on n’a pas vraiment le même avis que le reste de la presse…

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Onimusha: Way of the Sword
Onimusha: Way of the Sword
Notre note
6,9 /10
Bon

À qui s’adresse le jeu ?

  • Au grand public
  • Aux amateurs de jeux d'action

+ Les +

  • Plutôt joli dans l'ensemble
  • Des combats prenants
  • Les combats de boss
  • Quelques excellentes idées
  • Plutôt bien optimisé

− Les −

  • Beaucoup d'allers-retours inutiles
  • Un rythme haché, une structure qui pose question
  • Un scénario peu intéressant
  • Le système de parade
  • Une formule qui a complètement changé...

Notre conclusion

Onimusha: Way of the Sword est un jeu qui divisera les joueurs. Et pour cause puisque le nouveau jeu de Capcom s'écarte de ses racines et ose une nouvelle approche. Davantage jeu d'action avec quelques éléments de souls-like que survival-horror, le titre perd en charme, en personnalité et en sensations. Il gagne à l'inverse un système de combats beaucoup plus évolué, des affrontements de boss prenants et quelques très bonnes idées. Reste que le titre souffre d'une structure fadasse, d'un rythme haché et de mécanismes pas toujours convaincants. On apprécie la prise de risque de l'éditeur mais il faut bien le reconnaitre, Way of the Sword ne réussit pas tous ses paris et a surtout totalement perdu l'ADN de la série.

A propos de l'auteur

Etienne Froment

Fondateur et rédacteur en chef de Pixel Replay, Etienne Froment est professeur de journalisme en haute école et spécialiste de l’IA, du Web, des jeux vidéo et des télécoms.
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