Si elle tourne un peu en rond depuis quelques années, la série des Serious Sam n’en reste pas moins un monument du FPS. Devolver Digital tente de capitaliser sur son succès avec un spin-off coopératif qui prend la forme d’un roguelite. Une très mauvaise idée.
À retenir
- Serious Sam: Shatterverse est un spin-off de la série de FPS, signé par le studio Behaviour Interactive.
- Le jeu adopte une formule roguelite coopérative, de 1 à 5 joueurs.
- S’il séduit sur le papier, le jeu peine toutefois à convaincre au niveau de sa réalisation, de son gameplay et de son offre.
Soyons totalement honnêtes : personne n’attendait réellement un nouveau spin-off de Serious Sam. Les précédentes tentatives d’élargir l’univers de Sam n’ont guère été de gros succès. Il faut l’avouer toutefois, sur le papier, le titre avait du potentiel. D’autant plus que globalement, Devolver nous livre des jeux plutôt soignés. Mais dès le premier contact avec Serious Sam: Shatterverse, nous avons fortement déchanté.
Première déception majeure, sur le plan visuel, Serious Sam: Shatterverse est une énorme plaisanterie. Les décors sont vides, modélisés à la truelle, le character design est atroce et même les effets visuels semblent tout droit sortis d’une production PS2. C’est bien simple, c’est l’un des candidats au titre du plus mauvais goût de l’année.
Seconde douche froide, pad en main, c’est loin d’être exceptionnel. Le gunplay est médiocre, on ne ressent aucune sensation avec les différentes armes utilisées. On se croirait jouer à un FPS amateur. Pire encore, la structure même du jeu ne fonctionne absolument pas. Shatterverse n’est plus un jeu solo narratif. Il se présente comme un jeu coop, qui conserve toutefois une structure de niveau très linéaire : on avance en ligne droite en nettoyant des salles entières. L’ennui, c’est que les ennemis se rueront sur vous sans concession. Serious Sam n’a jamais été réputé pour être un grand FPS, niveau IA, mais de là à ce que les ennemis se roulent les uns sur les autres et restent bloqués par dizaines contre un pilier… il y avait de la marge. On parle ici de mécanismes de jeu chaotiques, avec des spawns massifs d’ennemis qui restent bloqués dans les niveaux, des boss qui suivent des patterns sans intérêt et des affrontements sans aucune sensation.
D’un ennui mortel, Shatterverse ne parvient pas à convaincre non plus du côté de sa fidélité au matériau d’origine, avec un character design hideux, des décors très génériques qui s’éloignent globalement beaucoup de ceux de la série, des ennemis d’une laideur sans nom et des boss au design souvent ridicule. On l’entend, Behaviour a tenté de faire quelque chose de différent et d’ouvrir la franchise à un nouveau public. L’ennui, c’est que Serious Sam a perdu toute sa personnalité et se transforme en une vaste plaisanterie.
Médiocre jeu de tir, ce Shatterverse ne brille pas non plus en tant que roguelite. Entre chaque niveau, vous pourrez récupérer une nouvelle arme – dans notre cas, les armes proposées étaient souvent moins bonnes que l’arme dont nous disposions, ce qui n’a aucun sens -, et faire évoluer votre personnage en boostant certaines stats. L’idée n’est pas mauvaise, mais la plupart des upgrades obtenus n’avaient que peu d’impact sur le gameplay et ça, c’est un gros problème pour un roguelite.
Que reste-t-il donc à sauver ? Pas grand chose, en réalité. De façon générale, Shatterverse nous a donné l’impression d’être un piètre FPS, développé pratiquement en amateur avec de très maigres moyens. Autant dire qu’on aurait pu s’en passer, et la franchise Serious Sam aussi. Car après un tel fiasco, il sera sans doute difficile de se relever…







