Passé un peu sous les retards, The Blood of Dawnwalker figurait parmi les curiosités de la rentrée. Sur le papier, le titre était très séduisant avec son univers sombre et macabre, son gameplay caractéristique et ses ambitions qui paraissaient démesurées. Les quelques premiers trailers n’avaient toutefois guère totalement convaincu le public…
À retenir
- The Blood of Dawnwalker est le premier jeu du studio polonais Rebel Wolves, composé d’anciens de CD Projekt RED
- Le jeu se présente comme un action-RPG sanglant dans un monde médiéval-fantastique peuplé de vampires
- Outre par sa réalisation et son lore, il séduit surtout par son gameplay, puisqu’on y incarne une créature de la nuit, pourvue de nombreux pouvoirs surnaturels
On ne va pas vous mentir, The Blood of Dawnwalker ne figurait pas tout en haut de la liste des jeux les plus attendus de cette fin d’année au sein de la rédaction. D’abord, parce qu’il s’agissait d’un premier projet très ambitieux pour un studio nouvellement formé. Ensuite, parce que les premiers trailers n’avaient pas forcément présenté le titre sous son meilleur jour. Et en définitive, la surprise n’en aura été que meilleure.
Notre première heure de jeu ne nous avait toutefois pas franchement enthousiasmé. D’abord, parce qu’il n’est pas représentatif du reste de l’aventure : il s’agit avant tout d’une introduction. Ensuite, parce qu’il faut bien l’avouer, le gameplay demande un petit temps d’adaptation. Enfin, parce que si l’on débute l’aventure sur des rails, on découvre vite la profondeur du monde ouvert qui nous est ici proposé.
On le sent néanmoins dès le premier contact, une très grosse attention a été placée sur la mise en scène et la narration. Le jeu regorge de cut-scenes et de dialogues, et c’est ce qui fait en partie son charme. L’aventure prend place dans les montagnes des Carpates, au XIV ème siècle. Infestée par la peste, la région est dirigée par un seigneur sanguinaire, qui exécute toutes les personnes infectées par la maladie. Mais celui-ci est renversé dès les premières minutes de jeu par un clan de vampires qui s’emparent du pouvoir et exigent des habitants des dons de sang en échange d’un remède à la peste. Témoin de la mise à sac de son village, Coen, le héros de cette aventure, est transformé malgré lui en créature de la nuit par les vampires. Son existence ne lui importe plus. Ce qui compte pour lui, c’est de sauver ses proches, kidnappés par le clan… L’aventure débute réellement à ce moment précis, lorsque le joueur découvre ses pouvoirs surhumains…
Et c’est sans l’ombre d’un doute ce qui caractérise le plus ce « Witcher-like », créé d’ailleurs par d’anciens de CD Projekt qui avaient travaillé sur The Witcher. The Blood of Dawnwalker a l’excellente idée de faire fi de tous les acquis du genre pour proposer une expérience de jeu unique, à deux vitesses, avec une expérience de combats médiévaux le jour, finalement pas si éloignée de son modèle, et une aventure complètement différente la nuit, lorsque notre héros se transforme en créature assoiffée de sang.
Après une petite heure de jeu seulement, The Blood of Dawnwalker nous introduit donc à son open-world et le titre ne fait pas les choses à moitié. Il parvient à développer une identité qui lui est propre tout en tirant des idées à droite et à gauche. La plus brillante sans doute, nous vient de la gestion du temps. Le joueur subit des cycles jour / nuit qui imposent un changement radical de gameplay en cours de journée et des choix également au niveau des quêtes secondaires à accomplir… Car de facto, vous n’aurez que 30 jours pour sauver votre famille. Pas un de plus.
Le monde ouvert de Dawnwalker séduit par sa richesse et la beauté de ses décors. On retrouve quelques clichés du genre, comme les tours qui dévoileront les points d’intérêt à proximité une fois escaladées, et des tas de quêtes secondaires plus ou moins intéressantes. Mais ce qui séduit, c’est l’originalité du titre. Sur le plan narratif tout d’abord, avec des choix du joueur qui impactent réellement l’histoire. Chaque choix du joueur amène des conséquences, qui mèneront parfois à la mort de personnages centraux. L’écriture des dialogues est également assez bonne pour nous donner l’envie de prendre le temps. Prendre le temps de faire connaissance avec les PNJ, d’explorer des quêtes secondaires, de peser le pour et le contre d’un choix.
Plus intéressant encore, notre héros cède progressivement à la corruption. En consommant le sang de ses ennemis, pour récupérer de l’énergie, en se nourrissant tout simplement, ou en buvant une fiole, notre personnage gagne en corruption. Il débloque ainsi des pouvoirs vampiriques de plus en plus bestiales, mais court le risque également de se transformer de plus en plus rapidement en créature de la nuit et de dévorer ses proches ou alliés…
Le jeu brille d’ailleurs également au niveau des compétences de son héros, qui évoluera à travers 3 arbres de compétences : l’un lui permettra de gagner en habilité durant les combats au corps à corps, l’autre d’apprendre des nouveaux sorts et le troisième de devenir une créature terrifiante et extrêmement puissante… pendant la nuit seulement. Trois styles de jeu très différents qui s’avèrent extrêmement plaisants à découvrir.
Ce qui distingue le plus Dawnwalker d’un Witcher, ce sont bien sûr les pouvoirs vampiriques du héros, qui lui permettent de se déplacer presque instantanément à quelques dizaines de mètres, de sucer le sang de ses victimes, de marcher à la verticale et bien plus encore. C’est l’une des plus grosses forces du titre. Dawnwalker est probablement le jeu qui restitue le mieux le sentiment de toute puissance d’un vampire, avec une montée en puissance jubilatoire.
Vous l’aurez compris, Dawnwalker séduit. De par son univers, son lore développé, ses personnages travaillés, son gameplay solide. Il n’a en réalité pas beaucoup de défauts. On citera toutefois deux regrets majeurs : un certain manque de précision dans les commandes, avec une caméra capricieuse et un switch automatique d’adversaire ciblé parfois agaçant, et une quantité assez astronomique de bugs au lancement. On n’en doute pas, le jeu aura droit à des patchs correctifs, mais en l’état, il est loin d’être au sommet de sa forme entre les crashs à répétition, des voix qui ne se chargent pas et des bugs visuels à foison. Reste que pour un premier essai, c’est plutôt une belle réussite, pour ne pas dire une véritable démonstration, de la part du studio polonais.
D’autant plus que le titre propose un contenu solide – il vous faudra 15 à 20h pour finir l’histoire en ligne droite et plus de 40 avec les quêtes secondaires -, et est plutôt réussi visuellement. Certes, il y a quelques bugs et certains visuels ne sont pas toujours soignés mais globalement le jeu est plutôt dans le haut du panier et tire joliment parti de son moteur de jeu.







