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Test – Total War Shogun 2 Complete Edition : 15 ans après, le Japon féodal revient avec un bilan mitigé

par Florent Erculisse, publié le 30.10.2026 à 17h07

Le remaster de Shogun 2 est sorti, puis retiré de la vente quelques heures plus tard. En cause : des visuels générés par IA, cachés aux joueurs, et une enquête interne chez Creative Assembly.

À retenir

  • Total War: Shogun 2 Complete Edition est un remaster fidèle du jeu de 2011, regroupant les extensions Rise et Fall of the Samurai, avec une mécanique de jeu inchangée.
  • Le jeu a été retiré de la vente peu après sa sortie, après des critiques sur une mise à jour jugée paresseuse et l’usage d’assets générés par IA, non signalé sur la page Steam.
  • Côté graphismes, le moteur et les textures sont modernisés, mais la diplomatie, la gestion des villes et les batailles navales restent en retrait.

Pendant que les fans de Total War historique rongent leur frein en attendant Medieval III et Warhammer 40 000, Creative Assembly occupe le terrain. Sorti de nul part, c’est le remaster d’un des épisodes les plus appréciés de la licence, Shogun 2, qui débarque en cette fin d’année. Développé conjointement avec MATABOO, cette revisite du second épisode japonais veut lui rendre ses lettres de noblesse, 15 ans après sa sortie.

Avant toute chose, il est important de savoir ce que contient Total War Shogun 2 Complete Edition et de quoi elle parle. Le jeu principal de Shogun 2 se situe en plein XVIe siècle, à la suite de la guerre d’Ōnin, une guerre civile qui a eu lieu de 1467 à 1477. Le Japon est déchiré entre de nombreux clans rivaux qui veulent profiter de l’affaiblissement du shogunat pour prendre le contrôle du pays, et vous incarnez l’un de ces maîtres de clan, aussi appelés daimyo, dont le seul objectif est de conquérir le pays. Au total, ce sont douze factions qui sont jouables, dont trois qui faisaient initialement partie de petits DLC.

A ce jeu principal s’ajoute dans cette Complete Edition les deux seuls DLC sortis par après, à savoir Rise of the Samurai et Fall of the Samurai. Comme leur nom l’indique, les deux packs additionnels traitent de l’ascension de cette unité d’élite pour le premier, et de leur chute pour le second. Ils proposent également des cartes totalement transformées par rapport au jeu de base. Rise of the Samurai s’installe en effet 400 ans avant les événements du jeu principal, en pleine Guerre de Genpei. Trois familles divisées en deux clans chacune sont proposées, avec des mécaniques de gameplay propres à cette période de l’histoire.

Jeu Total War Shogun 2 conquête

Pour Fall of the Samurai, c’est en 1864 que nous sommes projetés. Le Japon est en pleine mue historique, et abandonne progressivement son isolationnisme avec les samouraïs pour se tourner vers les grandes puissances étrangères. C’est ce contexte que les clans favorables à l’ancien régime, et donc au shogunat, s’affrontent avec ceux qui sont favorables à l’empereur. Nouvelle carte de campagne, villes plus modernes, chemins de fer, nouvelles unités, bombardements… Cette extension bascule Shogun 2 dans la guerre moderne et change radicalement la donne.

Ceci étant dit, vous aurez bien vite compris que Shogun 2 CE est plus une compilation qu’autre chose, et qu’il y a de quoi passer de très longues sessions de jeu sans pour autant s’ennuyer. Vendu 40 €, le jeu vous assure de très nombreuses heures de jeu pour un prix somme toute assez raisonnable … à condition de pouvoir mettre la main dessus. Quelques heures à peine après la sortie du jeu sur PC et consoles, SEGA et Creative Assembly ont pris la lourde tâche de le retirer à la vente. Pourquoi ? A cause de critiques très négatives des joueurs qui reprochent une mise à jour « paresseuse », des graphismes « honteux » et, surtout, l’utilisation d’assets … générés par IA. Un constat amer pour de nombreux joueurs qui attendaient avec impatience la ressortie de l’un de leurs jeux de stratégie préféré. Et à l’heure d’écrire les lignes, le jeu n’est toujours pas revenu à la vente et Creative Assembly a même annoncé mené une enquête en interne.

Concernant l’IA, il semblerait en effet que MATABOO aient amélioré les visuels 2D de bâtiments, d’unités et d’agents grâce à des logiciels dopés à l’intelligence artificielle. Concrètement, ce n’est pas bien choquant lorsque l’on joue, ça passe presque même inaperçu. C’est toutefois beaucoup plus troublant lorsque l’on ouvre l’encyclopédie du jeu, qui laisse entrevoir des visuels 2D très approximatifs, avec des résultats tantôt brouillons, tantôt carrément scandaleux. Pire encore : la page Steam du jeu n’indique à aucun endroit que l’intelligence artificielle a été utilisée à un quelconque moment dans le développement du jeu, un manque total de transparence.

Heureusement, l’intelligence artificielle ne semble pas avoir été utilisée dans d’autres aspects du jeu, ou c’est heureusement plus habilement conçu. Au niveau des graphismes, ce remaster apporte des graphismes en 1440p (ou 4K) et une interface upscalée en 4K, mais aussi des textures retravaillées et heureusement mieux finies. Le titre reste loin de certaines sorties récentes, voire des quelques derniers épisodes de la franchise. Toutefois, on apprécie ce travail destiné à apporter plus de rondeur aux visuels de jeu.

Bataille navale Total War Shogun 2

Si les cinématiques 2D sont surtout sympathiques au début, c’est surtout le moteur de jeu remplacé qui apporte de plus jolies textures et éclairages, mais aussi une carte retravaillée plus riche et des effets qui donnent bien plus de consistance à la campagne. Brouillard, météo dynamique, vagues sur les côtes, oiseaux, nuages, fumée des forges, châteaux en flamme, et on en passe. La carte de Shogun 2 est enfin vivante et donne vraiment envie de toute la conquérir.

Côté gameplay, MATABOO a choisi de s’appuyer sur ce qui avait fait le succès du jeu original, et de n’absolument rien changer. Aucune mécanique n’a été modifiée, pour le plus grand plaisir des puristes, mais au détriment de ceux qui ont rejoint la franchise entre-temps et qui se sont habitués aux jeux avec toutes les nouvelles mécaniques. Shogun 2 accuse un certain âge (15 ans), et on ne pourra que regretter que la diplomatie n’ait pas gagné en consistance dans cette CE, ou que les villes soient ici bien trop simplistes à diriger. Les unités restent aussi trop limitées, avec l’impossibilité par exemple sur la carte de campagne de les faire se déplacer au pas de course pour gagner en déplacement sans être capable d’attaquer.

Qu’à cela ne tienne, les développeurs ont malgré tout fait l’effort de chercher à rendre le jeu plus accessible aux débutants, avec des options de personnalisation nouvelles. C’est notamment le cas du Realm Divide, cette mécanique de jeu qui frappe en fin de campagne lorsque le joueur devient trop puissant. Tous les clans, alliés fidèles compris, déclarent ainsi la guerre au joueur et provoquent un véritable enfer sur terre sur la carte de campagne. Un joueur trop peu préparé peut ainsi voir sa partie s’effondrer en seulement quelques tours. Avec cette version du jeu, le Realm Divide peut être atténué voire supprimé, quitte à enlever le charme du jeu. D’autres options sont paramétrables, comme la durée de campagne, la difficulté, l’auto-configuration des armées avant la bataille…

Cavaliers bataille Total War Shogun 2

Enfin, comment parler de Total War sans évoquer la duplicité du gameplay. D’une part, nous avons la carte de campagne qui gère en quelque sorte le clan au tour par tour, et d’autre part la carte de bataille en temps réel permettant de faire la guerre. Là, c’est mi-figue, mi-raisin. Les batailles navales sont ainsi clairement en retrait, les deux camps commençant chacun aux extrémités de la carte. Il faut alors être patient pour que le combat commence, c’était déjà le maillon faible en 2011 et ça l’est toujours en 2026.

Du côté des batailles terrestres, c’est bien sûr un sans faute comme Creative Assembly nous y a toujours habitués. Elles restent le grand spectacle de la série, avec ici un rendu visuel amélioré. Le champ de bataille reste très lisible, et les nouveaux contrôles rendent les combats bien plus agréables. Bien sûr, il faut être capable de gérer des batailles à très grande échelle. La gestion peut rapidement être écrasante et paraître insurmontable, avec un contrôle total des unités, de leur placement, du terrain voire des munitions. Les ordres répondent également bizarrement par moments.

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Image japonaise
Total War: Shogun 2 - Complete Edition
Image japonaise
Total War: Shogun 2 - Complete Edition
Notre note
6,9 /10
Correct

À qui s’adresse le jeu ?

  • Aux amoureux du Japon féodal
  • Aux fans de stratégie historique, de batailles à grande échelle et de campagnes au tour par tour
  • Aux nouveaux venus qui veulent découvrir la série par un de ses épisodes les plus accessibles

+ Les +

  • Une jolie remise à niveau graphique
  • Une édition qui regroupe les 9 DLC, de la Guerre de Gempei (1175) à la chute du shogunat (1850)
  • Des batailles plus agréables
  • De nouvelles options qui le rende plus accessible aux débutants, comme le Realm Divide

− Les −

  • De l'IA ?!
  • Beaucoup d'options des nouveaux jeux absentes
  • Des batailles navales fades

Notre conclusion

Total War: Shogun 2 Complete Edition est un remaster honnête qui fait le travail sur l’essentiel : la carte de campagne est enfin vivante, les textures retravaillées et le moteur remplacé apportent une vraie modernité visuelle, et le contenu des deux extensions Rise et Fall of the Samurai justifie largement les 40€ demandés. Mais le scandale des assets générés par IA, cachés aux joueurs et visibles dans une encyclopédie franchement approximative, a sérieusement terni le lancement au point de pousser SEGA à retirer le jeu de la vente. Sans parler d’un gameplay inchangé depuis 2011 qui accusera son âge pour les nouveaux venus, de batailles navales toujours aussi paresseuses et d’une diplomatie qui n’a pas bougé d’un iota. Un retour attendu qui méritait mieux que cette sortie chaotique.

A propos de l'auteur

Florent Erculisse

Journaliste tech & gaming le jour, numismate et voyageur le reste du temps. Passionné de l'écosystème Apple et de jeux vidéo, je collectionne autant les voyages que les anecdotes historiques improbables. Grand amateur de foot et de destinations qui sortent des sentiers battus, probablement en train de planifier le prochain trip pendant que vous lisez ça.
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