Nokia commence à intégrer des agents d’IA directement dans le cœur des réseaux mobiles. Objectif : permettre à ces logiciels d’analyser certaines situations et d’agir automatiquement, sans attendre systématiquement l’intervention d’un technicien. Une automatisation qui pose des questions de sécurité.
À retenir
- Nokia développe des fonctions de cœur de réseau capables de prendre certaines décisions de manière autonome grâce à l’IA.
- L’équipementier évoque une réduction du temps nécessaire pour certaines opérations, comme principal levier pour cet usage.
- Nokia maintient pour l’instant une supervision humaine et travaille sur un modèle de sécurité « zero trust » avant d’accorder davantage d’autonomie aux agents IA.
Les opérateurs télécoms utilisent depuis des années des logiciels pour automatiser leurs réseaux. Nokia, l’un des principaux équipementiers de l’industrie, veut désormais franchir une étape supplémentaire : permettre à des agents IA d’observer ce qui se passe, d’analyser une situation et de décider eux-mêmes de certaines actions. L’équipementier finlandais teste cette approche dans le cœur du réseau mobile, la partie centrale qui gère notamment les connexions, les abonnés, les politiques réseau ou encore l’acheminement du trafic.
Selon Kal De, vice-président senior chargé des réseaux cœur chez Nokia, l’entreprise travaille notamment avec de petits modèles installés au plus près des fonctions réseau.
Des opérations réseau beaucoup plus rapides
L’un des exemples avancés par Nokia concerne le « paging », le mécanisme permettant au réseau de localiser un appareil lorsqu’il doit établir une communication avec lui.
L’utilisation du machine learning permettrait de mieux déterminer où se trouve le terminal, d’éviter certaines diffusions inutiles sur le réseau et d’accélérer la mise en relation. Selon Nokia, des opérations qui pouvaient nécessiter dix secondes peuvent être ramenées à seulement une ou deux secondes grâce à l’IA.
À grande échelle, ces quelques secondes peuvent représenter un enjeu important. Moins de signalisation signifie moins de charge sur les infrastructures, davantage d’automatisation et une réduction du travail manuel nécessaire pour administrer les réseaux.
L’idée est de tester les nouveautés avant d’envisager leur déploiement réel.
Le problème : jusqu’où laisser agir une IA ?
Reste un enjeu majeur. La moindre mauvaise décision peut ici directement affecter un réseau de télécommunications dans sa totalité.
Pour le moment, l’entreprise conserve une supervision humaine. Ted East, Nokia Bell Labs Fellow, explique que cette surveillance restera possible tant qu’un niveau de confiance suffisant n’aura pas été établi.
La prochaine transformation des réseaux mobiles pourrait ainsi se jouer directement dans leurs coulisses : des logiciels capables non seulement d’observer et d’alerter, mais aussi de décider et d’agir.







