Être bien placé sur Google ne suffit plus. Avec ChatGPT, Gemini, Perplexity ou encore les AI Overviews de Google, les internautes obtiennent de plus en plus souvent une réponse sans parcourir une page de résultats. Une nouvelle industrie tente donc de résoudre un problème inédit : faire en sorte qu’une marque soit directement recommandée par les intelligences artificielles.
À retenir
- Le GEO cherche à améliorer la visibilité d’une marque dans les réponses produites par les moteurs et assistants IA.
- Des entreprises développent désormais des plateformes capables de mesurer les mentions, citations et recommandations obtenues dans ChatGPT ou Gemini.
- Contrairement au SEO traditionnel, les règles restent particulièrement instables et diffèrent fortement d’un modèle d’IA à l’autre.
Pendant plus de vingt ans, la bataille pour exister sur Internet s’est essentiellement déroulée sur Google. Marques, médias et boutiques en ligne ont appris à adapter leurs sites pour remonter dans les résultats du moteur de recherche. Mais l’arrivée des assistants IA bouleverse progressivement cette mécanique. Un consommateur peut désormais demander directement à ChatGPT quel ordinateur portable choisir, quel logiciel utiliser ou quelle entreprise répond le mieux à ses besoins.
Pour les marques, une nouvelle question devient donc stratégique : que répond l’IA lorsqu’un utilisateur parle de leur marché ?
Le GEO veut devenir le nouveau SEO
Le secteur a déjà trouvé plusieurs noms pour cette pratique, dont GEO, pour « Generative Engine Optimization », ou AEO, pour « Answer Engine Optimization ». L’objectif reste globalement identique : augmenter les chances qu’une marque, un produit ou un site soit mentionné et correctement présenté dans une réponse générée par une intelligence artificielle.
Le phénomène est suffisamment important pour avoir créé une nouvelle catégorie de startups. TechCrunch rapportait notamment que Peec AI, une société berlinoise spécialisée dans le suivi de la visibilité au sein des moteurs IA, avait atteint plus de 1 300 clients avant de lever 21 millions de dollars fin 2025. Son service surveille les réponses générées à partir de différents prompts afin de déterminer quelles marques apparaissent, avec quel sentiment et à partir de quelles sources.
Semrush s’intéresse également au phénomène. Son AI Visibility Index 2026 repose sur l’analyse de 126 millions de prompts américains exécutés entre janvier et avril. L’entreprise cherche notamment à mesurer quelles marques sont mentionnées ou citées par différents services d’IA.
Des outils qui ne se contentent plus d’observer
Cette industrie commence maintenant à dépasser le simple tableau de bord.
Pepper présente par exemple Agent Atlas, un système intégré à sa plateforme GEO qui analyse simultanément la visibilité d’une marque dans les IA, ses données Google Search Console, ses statistiques Analytics et son contenu. L’entreprise affirme suivre plus de 10 millions de prompts sur ChatGPT, Perplexity, Gemini, Copilot, Claude et les AI Overviews de Google.
L’idée est surtout d’automatiser la phase suivante. Plutôt que d’indiquer uniquement qu’un concurrent est davantage cité dans ChatGPT, Atlas peut suggérer les contenus à créer ou à actualiser puis lancer certains de ces workflows.
La logique rappelle l’évolution des outils SEO classiques, passés progressivement de simples logiciels de mesure à des plateformes capables d’identifier des opportunités éditoriales. À une différence près : les moteurs génératifs sont beaucoup moins prévisibles.
Impossible de garantir une place dans ChatGPT
Optimiser sa présence dans une IA ne revient pas à découvrir une formule magique permettant d’apparaître systématiquement dans ses réponses.
Les sources utilisées peuvent évoluer rapidement. En août 2026, des données de Promptwatch relayées par Axios montraient par exemple une forte baisse de la part de Reddit dans les citations de ChatGPT Search sur une période de quelques semaines. L’entreprise elle-même soulignait toutefois que ces données permettaient d’observer le changement, pas d’en déterminer précisément la cause.
Les stratégies capables de fonctionner aujourd’hui peuvent donc perdre en efficacité après une modification du modèle, de son système de recherche ou de ses sources privilégiées.
Il existe également une différence fondamentale avec la publicité. OpenAI précise que les résultats de produits affichés par ChatGPT sont sélectionnés indépendamment des annonces publicitaires et notamment selon leur pertinence par rapport à la requête et au contexte de l’utilisateur.
Une entreprise ne peut donc pas simplement acheter sa présence dans une recommandation organique.
Les marques vont devoir écrire pour les humains et les machines
Le SEO ne devrait pas disparaître pour autant. Les assistants IA utilisent eux-mêmes le Web, les informations fournies par les commerçants et différentes sources publiques pour construire certaines de leurs réponses.
La véritable évolution pourrait donc être un élargissement du référencement. Une marque devra toujours disposer d’un site lisible, de contenus solides et d’une réputation en ligne crédible, mais devra désormais surveiller également la manière dont ces informations sont interprétées par plusieurs intelligences artificielles.
Après les positions Google, les clics et les abonnés sur les réseaux sociaux, les directions marketing pourraient ainsi ajouter un nouvel indicateur à leurs tableaux de bord : leur visibilité dans ChatGPT.
Et comme pour le SEO à ses débuts, toute une industrie est déjà en train de se construire pour leur vendre les outils permettant de la mesurer et, surtout, de tenter de l’améliorer.







