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Temu répercute les nouveaux droits de douane sur ses clients, et l’addition s’alourdit rapidement

par Etienne Froment, publié le 20.09.2026 à 21h55

Depuis le 1er juillet 2026, les petits colis importés dans l’Union européenne ne bénéficient plus d’e la même ‘une exonération douanière. Sur Temu, l’impact est déjà bien visible au moment de finaliser sa commande : la plateforme applique désormais des « frais d’importation » qui peuvent alourdir considérablement le prix initial. Notre test en témoigne : pour 43,12 € de produits, plus de 20 € de surcoût nous ont été facturés.

À retenir

  • Depuis le 1er juillet 2026, un droit de douane forfaitaire de 3 € s’applique aux importations de moins de 150 €, en fonction du classement tarifaire des marchandises
  • Dans notre commande Temu de 43,12 €, les frais d’importation affichés s’élevaient au départ à 29,04 €, dont 8,71 € pris en charge par la plateforme. Il nous restait donc 20,33 € à régler
  • Si Temu affiche clairement ces frais avant le paiement, leur poids peut rendre certains produits, surtout les moins chers, bien moins attractifs

Depuis l’entrée en vigueur des nouvelles règles européennes, le 1er juillet, commander directement depuis la Chine peut coûter bien plus cher qu’avant. Et contrairement à ce que certains pourraient penser, il ne s’agit pas simplement d’ajouter 3 € une fois par commande.

Un nouveau droit de douane de 3 € depuis le 1er juillet

Jusqu’au 30 juin 2026, les marchandises d’une valeur inférieure à 150 € étaient exonérées de droits de douane à leur entrée dans l’Union européenne. Ce n’est plus le cas.

Depuis le 1er juillet, un droit forfaitaire temporaire de 3 € s’applique aux ventes à distance de produits importés depuis un pays hors UE, dès lors que leur valeur ne dépasse pas 150 €. Cette mesure doit rester en place jusqu’au 1er juillet 2028, avant l’entrée en vigueur du nouveau système douanier européen.

Attention cependant à une nuance importante : les 3 € ne sont pas calculés en fonction du nombre d’articles dans le colis, mais selon leur catégorie tarifaire. La Commission européenne illustre cela avec un exemple : cinq T-shirts relevant de la même catégorie entraînent 3 € de droits, tandis que trois T-shirts accompagnés d’une montre en entraînent 6 €.

Sur Temu, 43 € de produits deviennent une commande à plus de 63 €

Nous avons passé une commande test sur Temu après l’application de cette nouvelle règle. La différence est loin d’être négligeable.

Notre panier contenait pour 43,12 € de marchandises, dont plusieurs T-shirts, un réveil et divers petits accessoires. La livraison restait gratuite, mais Temu affichait pas moins de 29,04 € de frais d’importation.

La plateforme indiquait ensuite prendre à sa charge 8,71 € de cette somme. Résultat : 20,33 € restaient à payer, portant le total à 63,45 € (TVA incluse).

Autrement dit, dans notre cas, les frais d’importation répercutés sur le client représentaient près de 47 % de la valeur des produits commandés.

Temu « offre » une partie des frais… sans vraiment expliquer son calcul

La stratégie adoptée par Temu est plutôt maline. Au lieu d’afficher uniquement les 20,33 € réclamés, la plateforme met en avant des frais d’importation de 29,04 € barrés, avec un encadré vert annonçant que « Temu a pris en charge 8,71 € des frais d’importation ».

Psychologiquement, le client a ainsi l’impression de bénéficier d’une réduction. Pourtant, aucune explication détaillée n’est fournie pour comprendre comment ces 29,04 € ont été calculés, ni pourquoi Temu en assume précisément 8,71 €.

Il faut tout de même lui reconnaître un point positif : les frais sont clairement indiqués avant le paiement. Pas de mauvaise surprise réclamée par le transporteur à la livraison.

La facture peut devenir disproportionnée sur les produits à quelques euros

Pour les consommateurs, c’est surtout sur les articles les moins chers que cette nouvelle façon de calculer risque de peser.

Ajouter quelques euros de frais d’importation à un produit à 10 ou 15 € peut encore passer, surtout si son équivalent reste plus cher chez un commerçant européen. Mais l’équation change radicalement pour les innombrables accessoires vendus 1, 2 ou 3 €, qui ont largement contribué au succès de Temu.

Un droit de 3 € lié à une catégorie tarifaire peut alors dépasser le prix du produit lui-même. Plus un panier contient des types de marchandises, plus le montant augmente.

Il ne faut pas pour autant généraliser avec « un produit = 3 € ». Officiellement, plusieurs articles relevant de la même catégorie tarifaire dans un même colis ne doivent pas multiplier le droit forfaitaire. C’est notamment le cas des cinq T-shirts cités dans l’exemple de la Commission. Reste que dans la pratique, il est probable que que la plate-forme ait du mal à distinguer les différentes catégories et sous-catégories de produits ou répercute ainsi le manque à gagner causé par ces nouvelles mesures. A moins bien entendu que la partie prise en charge par Temu soit en réalité la partie exonérée de frais de douane, auquel cas l’approche serait tout de même assez perturbante pour le consommateur…

Les bonnes affaires de Temu restent-elles vraiment de bonnes affaires ?

L’Union européenne assume pleinement cette évolution. Selon elle, l’ancienne exonération avantageait les vendeurs établis hors de l’UE, et rappelle que près de 5,9 milliards d’articles de faible valeur ont été importés en 2025. Le nouveau système doit aussi faciliter la lutte contre les marchandises non conformes et les fraudes douanières.

Pour Temu, le défi est de taille : une partie de son attractivité repose sur des produits vendus à des prix dérisoires. Lorsque les frais d’importation représentent près de la moitié du panier, comme dans notre test, la comparaison avec Amazon ou des boutiques expédiant depuis l’UE devient bien plus pertinente.

Temu n’est par ailleurs pas la seule plate-forme à s’être adaptée à ce système, Shein et AliExpress ont également dû faire pareil.

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A propos de l'auteur

Etienne Froment

Fondateur et rédacteur en chef de Pixel Replay, Etienne Froment est professeur de journalisme en haute école et spécialiste de l’IA, du Web, des jeux vidéo et des télécoms.
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