Les prix du matériel informatique pourraient subir une nouvelle pression aux États-Unis. L’administration Trump envisagerait une nouvelle série de droits de douane visant les semi-conducteurs, avec une particularité importante : les taxes pourraient également concerner les produits qui intègrent ces puces, comme les ordinateurs portables, consoles de jeux et serveurs.
À retenir
- L’administration Trump serait en train d’évaluer de nouvelles taxes sur les semiconducteurs
- En cas d’entrée en vigueur, celles-ci pourraient avoir un impact catastrophique sur les prix des appareils électroniques
- Avec cette taxe, l’administration souhaiterait faire pression pour que plus de puces soient fabriquées sur le sol américain
Le projet n’est toutefois pas encore officiel. Selon The Guardian, qui relaie des informations de Politico, le dispositif est toujours en discussion et pourrait être largement modifié dans les prochaines semaines ou prochains mois. La Maison-Blanche appelle d’ailleurs à considérer avec prudence les informations concernant des mesures qui n’ont pas encore été annoncées.
Les PC et consoles pourraient être directement concernés
Taxer uniquement les semi-conducteurs importés aurait déjà des conséquences pour les fabricants américains. Mais le projet envisagé irait plus loin en appliquant également des droits de douane à certains produits finis contenant ces composants.
Un PC portable assemblé en Asie puis importé aux États-Unis pourrait ainsi être concerné, tout comme une console de jeux ou un serveur destiné à un data center.
Pour les fabricants, plusieurs options seraient alors possibles : absorber tout ou partie de la taxe en réduisant leurs marges, négocier avec leurs fournisseurs ou répercuter la hausse sur leurs tarifs.
Cette dernière possibilité fait naturellement planer le risque de nouvelles augmentations pour les consommateurs américains.
Un mauvais timing pour les prix du matériel
Ces potentielles taxes arriveraient surtout dans un contexte déjà compliqué pour le secteur.
La demande liée à l’intelligence artificielle exerce une pression considérable sur certaines catégories de composants. Les fabricants de mémoire consacrent davantage de capacités aux produits destinés aux accélérateurs et serveurs IA, ce qui a contribué à tendre l’approvisionnement de composants plus conventionnels utilisés dans les PC et smartphones.
Les tarifs douaniers pourraient donc ajouter une pression supplémentaire à des coûts de composants déjà élevés.
Un précédent montre également que les entreprises peuvent rapidement répercuter ce type de mesure. En 2025, Micron avait informé certains clients américains de l’application d’une surcharge sur plusieurs produits afin de compenser de nouveaux droits de douane.
Produire davantage de puces aux États-Unis
L’objectif recherché est justement de réduire la dépendance américaine vis-à-vis de la production étrangère. Le département du Commerce mène déjà une enquête au titre de la Section 232 concernant les semi-conducteurs et les équipements nécessaires à leur fabrication.
Le secrétaire au Commerce Howard Lutnick souhaiterait notamment lier certaines exemptions tarifaires aux investissements réalisés par les entreprises étrangères dans des usines américaines. Une société développant suffisamment de capacités de production aux États-Unis pourrait ainsi bénéficier d’un traitement plus favorable.
Cette stratégie pourrait accélérer la construction d’usines américaines, mais ses effets prendraient plusieurs années. Une usine de semi-conducteurs nécessite des investissements colossaux et ne peut pas remplacer rapidement les capacités déjà disponibles en Asie.
À court terme, l’enjeu sera donc surtout de savoir quels produits seront réellement taxés et à quel niveau. Si les ordinateurs, consoles et serveurs sont effectivement inclus, les conséquences pourraient dépasser largement le seul marché des puces et contribuer à une nouvelle hausse du prix du matériel technologique aux États-Unis.







