Le destin d’Arkane Lyon demeure suspendu à un fil. Alors que Microsoft envisage de fermer le studio français à l’origine de Dishonored et Deathloop, le géant américain vient de lui concéder un délai de trente jours supplémentaires pour dénicher une issue. Le sort de Marvel’s Blade se jouera dans les prochaines semaines.
À retenir
- Microsoft a reporté au 13 décembre 2026 la période de consultation portant sur le destin d’Arkane Lyon, dont la fermeture est envisagée.
- Les 217 emplois du studio sont en danger, alors que plusieurs solutions de reprise ou de partenariat sont à l’étude.
- Le développement de Marvel’s Blade se poursuit, mais l’avenir du titre demeure flou, alors même que le projet serait déjà bien entamé.
Arkane Lyon vient d’obtenir un sursis d’un mois. Calée initialement au 13 novembre, l’échéance glisse désormais au 13 décembre. Un répit censé ouvrir la voie à l’examen de différentes options, en premier lieu la quête d’un repreneur ou d’un partenaire apte à prendre en charge le développement de Marvel’s Blade.
Arkane Lyon : Microsoft accorde un mois supplémentaire pour éviter la fermeture
La situation du studio lyonnais s’est fortement dégradée au fil de l’été 2026. Le 16 juillet, les collaborateurs d’Arkane Lyon ont découvert que Microsoft envisageait d’arrêter les activités de la société. Le géant américain avait annoncé la vente et la fermeture de plusieurs studios en amont, Arkane Lyon n’est que la dernière victime de la série.
Au total, 217 emplois sont directement en jeu à Lyon. L’affaire a éclaté publiquement le 23 octobre grâce au Monde, qui a recueilli la parole de représentants syndicaux et partagé plusieurs documents internes. Ceux-ci décrivent un projet de cessation totale et définitive des activités, doublé d’un licenciement économique touchant l’intégralité du personnel.
La fermeture pourrait survenir entre la fin d’année 2026 et le premier trimestre 2027.
Toutefois, le droit français impose à Microsoft de se conformer à une procédure spécifique. La loi Florange prévoit en effet, sous certaines conditions, l’obligation de chercher un repreneur pour les entreprises de plus de 1 000 salariés projetant de fermer un établissement. C’est dans ce cadre que Microsoft a accepté de pousser les négociations jusqu’au 13 décembre.
Quel avenir pour Arkane Lyon ?
Plusieurs scénarios demeurent sur la table pour Arkane Lyon. Le premier passerait par un rachat du studio par un autre acteur du secteur. Une telle opération permettrait de sauvegarder les emplois et le projet en développement.
Une deuxième option consisterait à dénicher un partenaire financier en mesure de soutenir l’élaboration du prochain jeu du studio. Cette voie n’exigerait pas nécessairement une acquisition intégrale d’Arkane Lyon, mais pourrait suffire à porter Marvel’s Blade jusqu’à sa commercialisation.
Néanmoins, le secteur se porte mal et peu d’acteurs sont prêts aujourd’hui à investir dans des studios. L’hypothèse d’une fermeture reste donc sur la table et est même l’option la plus probable aujourd’hui. D’autant plus que les autres éditeurs licencient massivement eux aussi, comme nous le rappelle la fermeture de BioWare et les récentes coupes chez Bungie.
On rappellera au passage que Microsoft avait déjà fermé Arkane Austin, en mai 2024, suites aux flops de Prey et Redfall.
Marvel’s Blade : le prochain jeu d’Arkane Lyon est-il menacé ?
Au-delà des emplois, cette affaire risque aussi de causer l’annulation de Marvel’s Blade, LE jeu qui était censé rivaliser avec Spider-Man et Wolverine de Sony.
Dévoilé en décembre 2023 lors des Game Awards, ce jeu d’action-aventure inédit est signé par Arkane Lyon et était présenté comme le plus gros projet du studio.
Selon les représentants syndicaux cités par Le Monde, le développement serait déjà bien avancé. Ceux-ci estiment qu’une annulation constituerait une perte immense, tant pour les équipes concernées que pour l’industrie française dans son ensemble. De son côté, IGN rapporte que le titre devait à l’origine bénéficier d’une nouvelle présentation début 2027, avant une sortie escomptée pour la fin de cette même année.
Seulement voilà, le projet d’adaptation de Blade en série / film est en stand-by et Microsoft ne semble plus trop croire dans le potentiel du jeu. De façon générale, les productions Arkane n’ont pas rencontré un énorme succès commercial.
Arkane Lyon : plus de 25 ans d’histoire dans le jeu vidéo
Créé à Lyon en octobre 1999 par Raphaël Colantonio et plusieurs associés, Arkane Studios s’est peu à peu imposé comme l’un des studios français les plus prestigieux.
Il signe en 2002 l’excellent Arx Fatalis, un jeu de rôle en vue subjective inspiré notamment d’Ultima Underworld.
En 2006, le studio livre Dark Messiah of Might and Magic pour Ubisoft. La même année, il inaugure une seconde structure à Austin, au Texas.
Les deux entités cosignent ensuite plusieurs productions, avant de se tourner graduellement vers leurs projets respectifs. En 2010, Arkane passe sous la coupe de ZeniMax Media, maison mère de Bethesda Softworks.
Deux ans plus tard, le studio signe son plus gros succès avec Dishonored. Publié en 2012, ce jeu d’action et d’infiltration immerge les joueurs dans la cité industrielle de Dunwall. Il s’impose par ses pouvoirs surnaturels, ses environnements d’une richesse rare et l’éventail de possibilités offertes pour remplir les missions. Sans surprise, il enchaine donc Dishonored 2 en 2016, puis Dishonored : La Mort de l’Outsider en 2017.
Arkane Austin, de son côté, livre une relecture de Prey, commercialisée en 2017. Le jeu connait un succès critique mais déçoit les fans de la licence de par une approche radicalement différente.
L’équipe lyonnaise prête ensuite main forte à Wolfenstein: Youngblood, avant de lancer Deathloop en septembre 2021. Malgré un concept séduisant et des critiques très positives, le jeu peine à rencontrer un succès commercial.
Quelques mois plus tôt, Microsoft met sur la main sur le studio. Il édite le second jeu d’Arkane Austin, Redfall, qui est un fiasco complet et lance le studio de Lyon sur ce projet Blade. Seulement voilà, depuis 2022, le studio n’a rien livré et Microsoft ne semble plus trop croire dans le projet sur lequel il travaillait…










